Beirut, le projet orchestral mené par Zach Condon, revient en force avec « Guericke’s Unicorn », un avant-goût de leur prochain album « A Study of Losses » prévu pour le 18 avril chez Pompeii Records.
Un cirque suédois, un roman allemand et Zach Condon dans son grand numéro orchestral
Inspiré par le roman allemand « Verzeichnis einiger Verluste » de Judith Schalansky, cet opus de 18 titres a été commandé par le cirque suédois Kompani Giraff pour accompagner un spectacle acrobatique. Ce n’est pas du tout étonnant que Zach Condon et ses amis se lancent dans un tel projet tant leur musique a toujours été visuelle et cinématique.
Le morceau qui s’inspire de love 69 de Magnetic Field raconte la construction d’une licorne. «La licorne de Guericke est une prétendue reconstruction d’une licorne fossile qui a été créée à partir des os d’un tas d’animaux différents comme le mammouth latin et un narval» explique ainsi Zach. Je trouve la métaphore très belle. Il enchaine « Je pense que ma musique peut avoir cette tendance décousue / chaotique en général, mais avec l’ensemble de l’album qui est uniformément d’inspiration baroque, ‘Guericke’s Unicorn’ fait vraiment figure d’exception sur cet album, ayant son origine dans une de mes vieilles expériences de synthétiseur modulaire ».
Hate d’entendre la suite
Beirut, c’est avant tout l’œuvre de Zach Condon, un musicien au parcours sinueux et à l’inspiration vagabonde. Né en 2006 avec Gulag Orkestar, un album où les fanfares balkaniques rencontrent la mélancolie indie, le projet s’est rapidement imposé comme une référence dans la pop orchestrale. Influencé par ses voyages en Europe de l’Est et son amour des musiques traditionnelles, Beirut mêle cuivres, accordéons et ukulélés à des mélodies pleines de nostalgie.
Après le succès de The Flying Club Cup (2007) et The Rip Tide (2011), le groupe a exploré des sonorités plus épurées avec No No No (2015) avant de revenir à des orchestrations plus riches sur Gallipoli (2019) et Hadsel (2023). Chaque album est une invitation au voyage, oscillant entre errance bohème et rêverie mélancolique, porté par la voix profonde et fragile de Condon.