Nous devant la polémique sur le livre de Valérie Trierweiler.

Bon. On allait pas y couper.

Depuis jeudi, la France entière a arrêté de parler de la rentrée scolaire, du prix de l’essence et même de foot pour se pencher, avec la gravité qu’on réserve d’habitude aux grands débats de société, sur Merci pour ce moment, le bouquin de Valérie Trierweiler. 200 000 exemplaires en sortie, une promo tenue secrète jusqu’à deux jours avant, et un pays entier qui simule la consternation tout en se ruant en librairie. Le degré zéro de l’hypocrisie collective, comme on les aime.

Je vais pas te mentir : j’ai pas lu le livre. J’ai lu sur le livre, ce qui en 2014 revient globalement au même vu le nombre d’articles qui en recrachent des extraits. Et ce que j’en retiens, c’est surtout qu’on est en train de vivre un feuilleton d’été qui a débordé sur la rentrée, avec son lot de rebondissements dignes d’un mauvais scénario : l’ex-compagne qui balance, le président qui dément entre deux réunions de l’OTAN, et une petite phrase sur les pauvres qui va poursuivre Hollande jusqu’à la fin de son mandat, quoi qu’il fasse ou dise ensuite.

Le meilleur dans tout ça — et c’est là que le pays montre son vrai visage —, c’est qu’on a réussi à créer une polémique dans la polémique. Le livre est sorti jeudi. Vendredi, on parlait déjà moins du fond que d’une coquille : Trierweiler qui confond le nom du compagnon d’un ancien mannequin avec un groupe toulousain. Un groupe de rap, en plus. La France, ce pays où on peut décrédibiliser un pamphlet politique entier à cause d’une faute d’orthographe sur un point people. Il y a quelque chose de magnifiquement absurde là-dedans, et je pèse mes mots.

Ce que je retiens surtout, en observateur fatigué de ce cirque : c’est un livre qui n’intéresse au fond presque personne pour ce qu’il raconte vraiment, et tout le monde pour ce qu’il permet de commenter. On n’est plus dans la lecture, on est dans le direct permanent, le name-dropping, le tweet vengeur, le petit bout de phrase sorti de son contexte qu’on ressort en boucle. Un exercice de striptease politique où c’est surtout le public qui finit à poil.

Voilà l’état d’esprit dans lequel ça me met, en ce début septembre :
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