Un millefeuille sonore contre la fin du monde
C’est une connexion aussi barrée qu’évidente : Dirty Projectors, les architectes du patchwork pop, et s t a r g a z e, le collectif orchestral européen qui aime tordre les portées classiques, se retrouvent pour un nouveau single, « Bank On ». Et comme d’habitude avec David Longstreth et sa bande, ça ne parle ni d’amour, ni de soirées cocktails, mais bien du capitalisme et de son apathie face à la fin du monde.
Bank On » annonce un projet bien plus vaste, « Song of the Earth », prévu pour le 4 avril 2025. Le morceau empile les couches comme un millefeuille nerveux : des percussions qui tabassent, des cuivres qui cognent et une mélodie qui oscille entre l’ironique et l’apocalyptique. Longstreth, en sniper lyrique, décoche une critique à peine voilée des industries extractives et de la manière dont elles nous bercent d’illusions en nous vendant la fin du monde comme un business model.
Ce n’est pas la première fois que Dirty Projectors et s t a r g a z e s’encanaillent ensemble. En janvier, ils avaient déjà lâché l’excellent « Uninhabitable Earth, Paragraph One » (que je vous avais partagé), un titre qui mettait en musique le premier paragraphe du livre « The Uninhabitable Earth » de David Wallace-Wells. Oui, on est loin du tube de l’été, mais putain, ça secoue.
L’album s’annonce comme un grand huit orchestral avec, en passagers de luxe, Phil Elverum (Mount Eerie), Steve Lacy et Patrick Shiroishi. Longstreth a pondu l’ossature du disque en six semaines avant de passer trois ans à le peaufiner aux quatre coins du globe. Un marathon pour nous livrer un disque qui s’annonce aussi touffu qu’essentiel.
Si t’as envie de t’injecter un shot d’intelligence musicale en intra-veineuse, « Bank On » est dispo partout. Et si t’es vraiment chaud, tu peux précommander « Song of the Earth » sur Bandcamp.