Qui n’a jamais rêvé de prendre l’air, de s’envoler pour une balade au-dessus des nuages ? Qui n’a jamais pensé à faire comme Icare, à faire comme l’oiseau pour prendre un bol d’air pur et d’eau fraîche ? Moi, tous les matins en allant bosser, mais passons.
Simone Bramante, lui, l’a fait. Enfin, il a fait le taf pour qu’on ait l’impression de le faire à sa place, ce qui revient à peu près au même niveau kiné du dos. Ce photographe italien, plus connu sous le pseudo Brahmino sur Instagram où il fédère plusieurs centaines de milliers de followers, a bâti toute une partie de sa carrière sur cette idée simple et vertigineuse : et si on regardait le monde d’en haut ?
Sa spécialité, c’est de capturer des corps suspendus entre ciel et mer, des silhouettes qui flottent au-dessus de l’eau turquoise comme si la gravité avait décidé de prendre sa journée. Vue plongeante, cadrage serré, une plage qui devient toile abstraite dès qu’on la regarde depuis un drone : Bramante joue avec l’échelle et transforme des scènes de vacances en compositions presque graphiques, où le nageur ressemble davantage à une virgule posée sur du bleu qu’à un être humain en maillot de bain.
Ce qui frappe, dans son travail, c’est cette obsession pour l’interaction entre l’humain et les éléments — l’eau, la poussière, la fumée. Le photographe l’a dit lui-même : ce qui l’intéresse, c’est de construire une histoire, pas seulement d’aligner de belles images. Et de fait, ses séries aériennes racontent quelque chose de précis : cette sensation d’apesanteur qu’on cherche tous, consciemment ou non, dès qu’on approche d’un point d’eau.
Alors non, on n’a pas de plumes, et Icare a fini en PLS dans la mythologie grecque pour nous rappeler qu’on ne joue pas impunément avec le soleil. Mais grâce à Bramante et son drone, on peut au moins s’offrir l’illusion du vol depuis son canapé. C’est déjà pas mal.
Simone Bramante site et Instagram





