Forever Howlong de Black Country, New Road : une clairière pop orchestrale où l’on vient pleurer en secret (et danser doucement aussi)

Black Country, New Road sort Forever Howlong et c’est un peu comme si Sufjan Stevens s’était paumé dans une forêt anglaise, y avait croisé Joanna Newsom, et qu’ils avaient décidé de créer ensemble une pop orchestrale pour guérir les cœurs cassés à l’aide de clarinettes, d’arpèges en apesanteur et de voix féminines qui caressent plus qu’elles ne crient.

Car oui, Forever Howlong, c’est ça : une promenade main dans la main avec la douceur et la force. Un album de pop orchestrale magique, élégant, intime, où chaque morceau semble sortir d’un vieux grimoire qu’on aurait ouvert au hasard d’un après-midi pluvieux. On est loin des dissonances post-punk des débuts, mais le groupe n’a rien perdu de son intensité. Il l’a juste métamorphosée.

Les voix féminines comme des lucioles dans le noir

C’est peut-être ça, la vraie claque : les voix de May Kershaw, Tyler Hyde et Georgia Ellery. Elles ne chantent pas. Elles racontent, elles bercent, elles enveloppent. On pense à la grâce bancale de Cocteau Twins, à l’émotion nue d’un Agnes Obel, mais version collective, chorale, organique. On pourrait presque les croire échappées d’un conte de Miyazaki, posées sur une nappe de cordes, d’accordéon, de piano et de silences tendres.

Et puis cette pop orchestrale… Mon Dieu. Des arrangements à pleurer de beauté. Des morceaux comme « socks ou « The big spin » te prennent par la main, t’emmènent dans une forêt de chênes centenaires, puis t’abandonnent en haut d’un arbre, avec une trompette et ton spleen pour seule compagnie.

Un disque qui t’attrape et t’enlace

On pourrait parler de l’influence des musiques traditionnelles, de l’inspiration baroque, des harmonies vocales ciselées comme de la dentelle, mais au fond ce serait passer à côté de l’essentiel : Forever Howlong est un disque qui te regarde dans les yeux et te dit “viens, on va pleurer un peu, mais ce sera beau”.

C’est un disque de contrastes. Fort et fragile. Grandiose et minimal. Un album qui ne cherche pas à impressionner mais qui, paradoxalement, impressionne par sa retenue. Comme un orage silencieux ou un slow dans une église vide. Alors certes, c’est moins rock mais c’est beau donc on s’en fout.

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