Les gamins de Ghazza viennent de sortir un brûlot punk qui sent la jante cramée, le hoodie détrempé et le punk à roulettes. Leur nouveau single s’appelle « Dirodi », comme ces vélos électriques qui pullulent dans les rues australiennes. Mais ici, pas question de balades bucoliques ou de campagne de mobilité douce. Non. Ce que Ghazza fait, c’est balancer un gros doigt tendu à une génération de riders en Crocs qui roulent sans casque et sans cervelle. Et ils le font bien.
« Dirodi », Roue arrière et doigts d’honneur
Dirodi, c’est un concentré d’ironie sociale, dégainé avec une énergie brute et un son râpeux qui suinte la scène punk australienne. Une ligne de basse qui claque, des guitares qui grincent comme des freins rouillés, et une voix adolescente qui crache des vérités pas très polies sur fond de bitume chaud. On pense à The Chats pour le côté « working class hero sous méthédrine », à Frenzal Rhomb pour le fond engagé, et un peu aux Dead Kennedys dans la manière de taper fort là où ça fait mal — sauf qu’ici, la menace, c’est pas la CIA, c’est ton petit cousin sur son vélo.
Le groupe s’est formé pendant le COVID, ils ont à peine 17 ans et ils dézinguent déjà mieux que pas mal de vétérans. Le chanteur et producteur Xavier Brown (17 ans, bordel) mène la barque avec la fougue d’un môme qui a trop écouté Never Mind the Bollocks et pas assez dormi. Leur EP « Authorised by the Australian Government, Camberra » est déjà dispo, et ça promet des baffes.