Une guitare qui fait « wah », un clavier qui sent la moiteur des années 70, des lignes de basse qui marchent sur l’eau et un groove qui te fait bouger la tête : bienvenue chez Vulfpeck. En 10 morceaux essentiels, voilà pourquoi tu devrais les aimer.
Vulfpeck (ou Vulf pour les intimes), c’est un gang de nerds du groove fondé en 2011 par quatre étudiants de l’Université du Michigan : Jack Stratton (batterie, claviers, vision étrange du marketing), Theo Katzman (chant, guitare, batterie), Joe Dart (basse démente), et Woody Goss (claviers cools). Leur mission : ramener le funk instrumental vintage dans les playlists modernes, sans label, sans attaché de presse, sans artifices, mais avec des idées géniales et beaucoup d’autodérision.
Ils construisent un petit empire en mode Do It Yourself : production maison, clips fauchés, mais brillants (comme danny), tournées financées par un album silencieux (Sleepify) et une fanbase ultra fidèle (comme moi). Leur esprit : celui de mecs qui rigolent, mais qui bossent leur groove comme des chirurgiens.
1. « Dean Town » – Le funk mathématique qui t’accroche au cerveau
C’est LE morceau-étendard. La basse de Joe Dart cavale comme une Formule 1, hommage assumé à « Teen Town » de Jaco Pastorius. Zéro voix, 100% efficacité. C’est du jazz-funk pour les geeks du groove, mais tu danses quand même.
2. « Back Pocket » – Le slow moite des années Motown
Un refrain que tu peux chanter sous la douche et une vibe digne des Four Tops. Derrière les paroles rigolotes (une histoire d’amour planqué dans une poche arrière), il y a un sens du songwriting rare chez un groupe aussi instrumental.
3. « 1612 » – Quand Vulfpeck devient un boys band blanc et funky
Une ligne de basse minimaliste, une batterie métronomique, et ce numéro de téléphone débité façon gospel… 1612, c’est le hit improbable, bizarrement catchy, qui reste en tête sans prévenir. C’est aussi mon titre favori avec Back pocket.
4. « Cory Wong » – La guitare funky au nom du mec qui la joue
Un instrumental épuré dédié à leur guitariste fétiche. Cory Wong, c’est le genre de mec qui fait plus de silence entre les notes que de bruit, et c’est ça qui groove. Au passage, c’est un putain de guitariste. Si un jour je joue comme lui, je serai un homme heureux.
5 « Wait for the Moment » – L’émotion qui surgit entre deux blagues
Un bijou de soul moderne, chanté par l’excellent Antwaun Stanley, vocaliste régulier du groupe. C’est doux, sucré, un peu mélancolique, et toujours à fond dans le groove.
6. « Christmas in L.A. » – Quand les Vulf deviennent crooners (et marrants)
Une chanson de Noël très « West Coast » (et très chien), avec David T. Walker à la guitare. Les arrangements sont somptueux, mais la vibe reste légère. Une parodie tendre et réussie des chansons de fêtes.
7. « Animal Spirits » – Le capitalisme expliqué par la funk
Une chanson d’amour économique. Oui. Ils osent tout. Et ça fonctionne. Antwaun Stanley au chant, une section rythmique impeccable, et un groove à faire suer ton banquier.
8. « Fugue State » – Bach, les claviers et le groove
Jack Stratton s’amuse à jouer une fugue de Bach version funk. C’est brillant, absurde, et foutrement bien exécuté. Ils te font aimer la musique baroque sans t’en rendre compte.
9. « Disco Ulysses » – Le funk cosmique instrumental
Un titre plus disco que funk, qui explose en live. Il montre la capacité du groupe à se balader dans les genres tout en gardant leur patte groovy et leur sens du second degré.
10. « Smile Meditation » – Le groove minimaliste pour méditer avec la nuque
C’est lent, smooth, presque zen, à la fraiche en fait. À écouter allongé dans l’herbe ou en rêvassant à une Californie qui n’existe que dans ta tête. Une facette plus atmosphérique du groupe.