His & Hers est une série Netflix basé sur le roman His & Hers d’Alice Feeney (publié en 2020) et comme c’est pas mal, je t’en parle.
Le pitch : Anna Andrews, une journaliste de télévision qui a disparu pendant un an suite à un drame familial revient dans sa petite ville natale de Dahlonega (Géorgie) lorsqu’un meurtre secoue la communauté. Elle découvre que son ex-mari Jack Harper, devenu shérif, dirige l’enquête.
BIEN
D’abord, soyons honnêtes : le rythme est maîtrisé. Les épisodes s’enchaînent sans ventre mou, avec cette mécanique très Netflix de “bon, allez, encore un”. La série joue intelligemment sur son format court et ne s’éparpille pas inutilement. L’idée de la double narration (son point de vue et son point de vue à elle) est clairement l’un des gros points forts. On aime être baladé, douter de tout le monde, remettre en question ce qu’on vient de voir dix minutes plus tôt. Ça fonctionne d’autant mieux que l’ambiance est soignée : petite ville, silences lourds, non-dits, secrets qui remontent à l’adolescence… tout ce qu’on attend d’un bon thriller psychologique est là. Et puis il y a les acteurs. Tessa Thompson porte la série avec une vraie présence, tout en retenue, souvent sur le fil. Jon Bernthal, fidèle à lui-même, impose un personnage rugueux, fermé, pas toujours aimable, mais crédible.
PAS BIEN
Là où la série commence à chier dans la colle, c’est sur le développement des personnages. On les observe beaucoup, mais on les comprend finalement assez peu. Le passé est évoqué, suggéré, parfois survolé, mais rarement creusé. Genre, pourquoi la soeur de john boit ? Résultat : quand arrive le twist final, on le comprend intellectuellement… sans forcément le ressentir émotionnellement. C’est dommage, parce qu’avec un peu plus de profondeur psychologique, certaines révélations auraient pu être dévastatrices. Là, elles tombent un peu à plat, presque trop vite, comme si la série comptait davantage sur l’effet de surprise que sur l’impact émotionnel.
Autre point franchement discutable : les scènes de sexe. Deux ou trois moments qui surgissent sans prévenir et qui, soyons clairs, n’apportent absolument rien ni à l’intrigue ni à la construction des personnages. Elles ne sont ni dérangeantes ni choquantes, juste inutiles. On a parfois l’impression qu’elles sont là parce que “c’est ce qu’on met dans un thriller adulte”, sans réelle réflexion derrière.
En bref, His & Hers est une bonne série de dimanche, prenante, bien jouée, avec une vraie ambiance et une mécanique de suspense efficace. Mais elle manque d’audace et de profondeur pour vraiment marquer durablement.
