I Was A King – Happy

I Was A King – « Happy » ou la mélancolie sous perfusion Power-Pop

Pendant que la blogosphère s’excite sur le retour d’indie-heroes fatigués, c’est du côté de la Norvège qu’il faut regarder pour prendre une vraie claque de fraîcheur. I Was A King, le projet mené par Frode Strømstad et Anne Lise Frøkedal, vient de sortir « Happy ». Et ne vous fiez pas à ce titre outrageusement programmatique : sous le vernis des guitares bondissantes se cache une mélancolie tenace, de celle qui colle aux basques après les longs hivers scandinaves.

Le paradoxe power-pop : Sourire dehors, saigner dedans

Ce qui frappe dès la première écoute de « Happy », c’est ce sens inné de la mélodie héritée direct des Teenage Fanclub ou de Guided by Voices. Les guitares sont saturées juste ce qu’il faut, la batterie cavale, et le refrain vous accroche l’oreille pour ne plus la lâcher. C’est de la power-pop artisanale, brute, sans fioritures synthétiques à la mode.

Mais l’authenticité d’I Was A King réside dans ce contraste permanent :

  • L’efficacité immédiate : Un mur de guitares scintillantes et des harmonies vocales impeccables entre Frode et Anne Lise.

  • La dissonance sous-jacente : Une tension constante, un côté presque lo-fi qui empêche le morceau de tomber dans la pop gentillette pour ados.

Le morceau porte bien son nom, mais d’une manière ironique. C’est la bande-son d’une joie forcée, d’un sursaut d’énergie pour masquer le spleen.

Pourquoi ce titre tourne en boucle sur notre platine en 2011 ?

Parce qu’à une époque où la pop indé a tendance à se perdre dans des arrangements trop propres ou de l’éco-folk précieux, I Was A King rappelle les fondamentaux : trois accords, de la distorsion, et une ligne de chant imparable. C’est direct, c’est piquant, ça dure moins de trois minutes et ça va droit au but.

Le verdict du Blog : « Happy » n’est pas une chanson joyeuse. C’est un exutoire électrique. Les Norvégiens signent ici un petit classique instantané pour tous les nostalgiques du rock alternatif des années 90 qui refusent de voir les guitares mourir en 2011.

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