Dans la famille « slacker boy » je demande le fils. Le rennais Camille Dias aka Don Dias vient de sortir son nouvel et second album « Things I Miss, Things I’d like to miss« . Petite bombe sonore rempli de souvenirs des 90’s et tant d’autres choses.

// Salut Camille, ravi d’échanger avec toi, tu jouais dans un groupe il y a quelques temps qui s’appelait Catherine baseball comment t’en es venu à Don Dias ?
DD: Avant Catherine Baseball il y a eu une sorte de Don Dias mais avec d’autres musiciens. Un truc complètement anecdotique, en trio. Une sorte de prequel ou je commençais à composer des choses.
// Tu as eu d’autres groupes également comme Hola Laurel et Constante. Qu’est ce que tout ça a apporter au projet Don Dias ?
DD: Ça m’a permis de mettre un doigt sur les problèmes qu’on peut trouver dans la musique (Rires).
Des situations que tu ne sais pas gérer et puis avec le temps et l’expérience, tu y arrives. Dans un groupe, tu dois trouver des compromis avec les autres musiciens pour que ça ressemble à quelque chose.
Là pour Don Dias, comme c’est un projet solo, j’ai tout écrit, je maquette tout seul.
Le premier disque j’ai tout fait seul. Pour celui là, mon batteur a fait les batteries et spoiler alert, je suis en train de finir le 3ème et j’ai de nouveau tout fait seul.
// Je crois savoir que tu es professeur de guitare.
DD: Ouais, c’est avec ça que je paye mon loyer (Rires)
// Comment se fait la construction des morceaux et la mise en commun avec les autres membres du groupe ?
DD: Déjà ça passe par le consentement de tout le monde (Rires) il faut que ça plaise à tous. J’ai la chance d’avoir des musiciens qui se retrouvent dans ma musique, ça, c’est cool.
Généralement, je leur envoie les sons en amont. Pour les guitaristes, il m’arrive aussi de leur montrer comment je veux que ça sonne, parce que parfois, j’ai mis 3000 couches de guitares (Rires) donc je leur fais des petites vidéos ou je leur montre directement.
// Comme des tutos-guitares ? (Rires)
DD: Ouais y’a un peu de ça. Je retrouve un peu mon job de base.
// Tu as sorti ton deuxième LP le 19 Septembre dernier il s’appelle « Things I miss, things I’d like to miss ». Il fait suite au premier, « Greatests hits », d’ailleurs bonne blague pour un premier disque. Tu as signé chez Howlin Banana records comment s’est passée la rencontre et que t’a apporté cette signature ?
DD: Pour l’histoire ça fait 10 ans que je trimes dans des groupes à tout faire en indé. Howlin c’est le seul label dans lequel je me retrouvais artistiquement parlant, et dont j’avais envie de faire partie. Je suis bien pote avec Hugo Carmouze de Opinion, on s’est rencontré en faisant des concerts, et je lui ai dit en février: « Mec tu veux pas lui en toucher deux mots à Tom (du label) ». Ce qu’il a fait, puis Tom m’a contacté dans la foulée en mode: « J’adore, c’est partie ». Ce qui est rigolo c’est que la rencontre s’est faite en visio, et en discutant il connaissait Catherine Baseball et Holà Laurel mais il ne savait pas que c’était moi (Rires).
Il aimait déjà bien mes groupes d’avant.
// Il y a une référence à Mac Demarco dans ta musique, pour le coté fun, à la cool et un peu « slacker » aussi. Est ce que tu es d’accord avec ça ?
DD: Ce qui est sur c’est que je suis un énorme fan de Mac Demarco. Je pense que ça se ressent de moins en moins dans ma musique. Par contre, c’est un personnage que j’ai envie de cultiver, le coté fun, rigolade. J’adore tout ça. C’est peut être un peu plus rock chez moi et moins bedroom et à la cool que chez lui mais bordel j’ai envie de rigoler (Rires).
// Tu as des sonorités assez 90’s dans ta musique. Est ce que c’est une époque, des souvenirs, des films…qui t’ont amené à ce genre musique ?
DD: Complètement ! Je crois que je suis assez nostalgique finalement.
J’ai des souvenirs de mon père qui me racontait cette décennie qu’il s’est prise dans la tronche dans sa vingtaine. Des concerts qu’il a fait à Paris, moi écoutant les disques qu’il mettait à la maison. Toute ma culture musicale, je me la suis faite avec les différentes choses qu’il ramenait à la maison. Ma mère aussi écoutait beaucoup de musique.
La dernière fois, on m’a demandé : « C’est quoi tes refs musicales ? »
J’ai répondu : « The presidents of the United States of America et Sheryl Crow« .
Je suis un gros fan de Sheryl Crow (Rires).
// Je suis sur, c’est à cause des santiags (Rires).
DD: J’adore la musique de cow-boy et la country. C’est un peu mon péché mignon.
// Il y a un film qui me fait penser à ta musique c’est « Wayne’s World ».
Clairement je me retrouve la dedans quand j’écoute ton disque. On a envie de s’amuser.
DD: Bah ouais méga teuf quoi !
J’suis un peu comme un dinosaure (Rires) un jeune dinosaure mais dinosaure quand même.
// Il y a aussi des ambiances très rock, rentre dedans, tout en gardant ce coté solaire à la cool. Mais on sent aussi que tu as un sens de l’écriture, un coté spleen, à la Elliott Smith comme sur « Rapsberry-shaped solution » ou encore « Toto ».
Est ce que c’est un sillon que tu aimerais creuser dans le futur ?
DD: Oh bah ça seul le futur nous le dira (Rires). Je m’interdis pas grand chose, je prends ce qui vient, ce qu’il me plait. J’aime bien toucher un peu à tout. Tu parlais d’Elliott Smith, j’suis un fan absolu. Dans le nouvel album, « Tell me » à la base est une ballade acoustique.
J’ai tout remanié pour en faire un morceau « full-band ». C’est un peu comme ça que je travaille, un morceau fonctionnera si elle match seulement avec une voix et une guitare. C’est un peu ma formule gagnante. Des fois je fais plusieurs versions et je vois ce que je préfère. J’aime bien aussi quand il y a des respirations dans les disques. Que ce ne soit pas seulement d’énormes pavés fatigant (Rires).
// Coté cover qui s’est occupé de la réaliser ?
DD: C’est une pote qui s’appelle Adèle Girard du studio papier chiffon. Pour l’anecdote, la photo était censé être un test. Elle nous a fait rire et on l’a gardée (Rires).
« Things I miss Things I’d like to miss »
Second album de Don Dias
Toujours disponible

