INTERVIEW NastyJoe sort les griffes !

Après une poignée de singles, le quatuor Nasty Joe sortira son premier album en Janvier 2026.
« The house » c’est son titre, lorgne vers des groupe comme The cure, Fontaines DC
Robin Rauner (lead) et Bastien Blanc (guitare) nous racontent l’histoire du groupe et la sortie prochaine du disque.

nasty joe

// Quatuor de bordeaux formé depuis 2017, quelle a été un peu la genèse du groupe et comment vous en êtes venus à Nasty Joe ? 

Robin / Bastien: On s’est rencontrés un peu avant la création de Nasty Joe. On avait un ancien projet ensemble et surtout on est des amis d’enfance.
On a monté ce projet quand on est arrivés sur Bordeaux.

// D’où vient le nom du groupe ? 

R / B: Le nom vient du chat du batteur qui s’appelait Joe. Il avait tendance à faire pas mal de bêtises. A l’époque on cherchait un nom on voulait pas trop se prendre la tête la dessus.
Nasty joe pour le vilain Joe, on est partis sur ça. Entre temps on a eu un changement de line up, Nico est arrivé à la basse en 2019. Le projet a vraiment démarré à partir de cette année là.

// Vous avez sorti un premier EP en 2022, le cap du premier album sera franchi en Janvier 2026. Il y a eu 3 ans entre ces deux disques.
Qu’est ce qu’il s’est passé durant cette période, pourquoi autant de temps ?

R / B: C’est vrai, on a mis un peu de temps. On a sorti 2 singles « Fentanyl » et « Cigarettes » dans cette période. Ça nous a permis de tester de nouvelles choses, prendre des directions différentes. Pour nous, le groupe et son esthétique musicale doivent évoluer.
On ne veut pas rester figé dans un style. Comme le premier EP a été créé pendant le confinement c’était quand même un mood particulier, c’était pas les paroles les plus heureuses, mais aujourd’hui on va mieux et je pense que ça s’entend sur le disque.
C’est un peu plus solaire. Nos goûts musicaux ont évolué on s’est nourris pas mal de ça.
Là où l’Ep était plus années 90 avec un coté assez sombre, pour le disque on est toujours dans les 90’s mais on tend un peu plus dans les années 80 avec une dimension pop beaucoup plus marquée qu’avant.

// Le titre de votre premier EP « Deep side of happiness » vous définit assez bien à l‘écoute de votre musique. Il y a un coté post punk assez lourd et sombre et un coté mélodieux dans les refrains avec une énergie fédératrice et cette rage qui donne envie de bouger.

R / B: Complètement. Les thématiques ont évolué et on a un peu vieillis aussi. On va pas te faire le coup de : « c’est l’album de la maturité » (Rires) parce qu’on n’est toujours pas matures.
Mais oui on se reconnait bien dans ce titre là.
Le bonheur n’est jamais plein et ça reste des choses assez insaisissables.
Même aujourd’hui dans les morceaux du nouvel album, les paroles sont assez introspectives. On a quand même du mal à chanter quand ça va bien. Pour nous la musique est comme un exutoire. Des remises en question, des choses qui ont besoin de sortir.
Mais sur le disque on voulait qu’il y ai aussi cette dimension un peu solaire.
Un peu comme une dualité dans le son.

// Il y a un beau mélange dans votre musique, on parle souvent de Blur mais plus particulièrement de Shame. Ta voix y fait beaucoup aussi Robin.
Quels regards avez vous sur cette vague brit pop années 90 et même sur celle qui a lieu actuellement emmenée par Shame, Fontaines DC… pour ne citer qu’eux ?

R / B: Ce serait te mentir que te dire l’inverse.
Ce sont des groupes que l’on écoute beaucoup et qui ont forgé notre esthétique.
Après on aime aussi puiser dans des influences diverses dans pleins d’époques différentes. Que ce soit les années 70, 80, 90….
Et encore plus aujourd’hui avec l’état actuel du monde et cette hyper-mondialisation.
Ça a beaucoup de points négatifs.
Il y a eu pleins de groupes qui ont été des fers de lance comme Télévision, The Cure dans les années 80, Blur dans les années 90. Depuis des années il y a pleins de groupes qui se sont inscris dans ce mouvement là, Shame, Fontaines DC, Viagra Boys, Idles… Tout ce mouvement là nous influence. Il y a une qualité indéniable depuis quelques années.

// Tu parles de Télévision, je suis sur que si « Marquee Moon » sortait aujourd’hui ça ne ferait pas tache.

R / B: Complètement d’accord.

 

// Aujourd’hui pour vivre de la musique c’est toujours un peu compliqué.
Est ce que vous avez gardé vos jobs respectifs où vous êtes complètement la dedans maintenant ? 

R / B: Aujourd’hui le rock est redevenu « underground » et du coup ça passe beaucoup par le live, écumer les bars, jouer le plus possible.
C’est ce qu’on a fait dès 2018, notre batteur nous avait booké une tournée.
On a joué dans des endroits assez rocambolesques mais ça forge un groupe.
Ça permet de faire le même concert que ce soit devant 4 personnes dans un bar que devant 1000 personnes.
Pour nos professions respectives, on a continué le projet en parallèle.
Avant d’avoir du positif qui pourrait te faire penser que ça pourrait être que ça ton job finalement, il faut engager des dates.
Aujourd’hui on est 3 à avoir le statut d’intermittent.
Notre batteur a encore son taf et d’ailleurs il gagne 3 fois ce qu’on gagne (Rires).

 

// Je rebondis sur ce que tu disais où on est un peu revenu aux années 70, à tailler la route et faire des concerts pour pouvoir se démarquer. 

R / B: Oui c’est vrai que c’est hyper cyclique. C’est la même chose dans la mode.
Mais pour nous c’est que du positif puisque ce qui nous excite le plus c’est de jouer devant des gens plus que le studio.
Ce partage avec le public.
Aujourd’hui il y a une émulsion de groupes avec beaucoup de qualité.
Je pense à des groupes comme Chest. qui sont des copains, Alexis le guitariste est notre ingénieur son live.
On revient à l’essentiel et ça c’est génial.

 

// Je trouve qu’il y a un écoute plus attentive de la part de la jeunesse de tout ce mouvement post punk, rock, le public va chercher des groupes… Chose qui se faisait moins il y a quelques années.
On retrouve un réel engouement pour le rock. 
Qu’en pensez vous ? 

R / B: Complètement ! Nous on le remarque en concert.
On sillonne la France assez largement. Ce qui nous marque le plus c’est que la musique qu’on fait touche pas mal de personnes avec des âges différents.
Comme je te disais le rock est redevenu un mouvement underground.
Le post punk en fait partie.
Il y a ce public de trentenaires / quarantenaires qui ont connu ce mouvement à leur époque.
Quand j’avais 15 / 20 ans je me sentais un peu seul dans ma musique et j’ai la sensation que les jeunes reprennent le flambeau et se motivent beaucoup plus.
Ça remonte des groupes, des associations pour faire des concerts…
Ça fait plaisir à voir.

 

// Est ce que c’est pas aussi en lien avec l’état géopolitique du monde actuel.
Ce mouvement est fédérateur mais aussi contestataire.
La jeunesse en a un peu mare de ce coté conformisme. 

R / B: Oui je pense que les lignes bougent.
Même si tu regardes juste avant le covid il y avait une hyper saturation causée par la musique électronique ou la pop mainstream.
De notre coté on écoute de tout mais c’était peu être un trop cloisonné et c’est peut être un raccourci que je fais mais je remarque qu’aujourd’hui les jeunes ont envie de live, d’avoir plus ce coté physique, sueur sur scène.

Nasty joe

// Vous avez été sélectionné aux inouïs du printemps de Bourges, et au prix Chorus. Cela vous a apporté quoi de plus que de la fierté et l’assurance,   ? 

R / B: Pas mal de choses. Les inouïs c’est le dispositif français le plus important je pense pour les artistes émergents. C’est une grosse certification de faire partie de la sélection.
On l’a remarqué de suite pour le booking de concerts notamment. Ça nous a permis de rencontrer notre booker actuel, une légitimité et du réseau.
Tu es sacrément en lumière. Pour le prix chorus ça nous a permis de jouer à la scène musicale pour nous c’est une petite case de cochée (Rires). Le terme tremplin n’est pas galvaudé c’est même une rampe de lancement. 

 

// L’album sort en janvier prochain. Il va s’appeler « The house ».
Pourquoi ce tire ? Et comment avez vous bossé cet album ?
 

R / B: Alors pour le titre on voulait exprimer le fait d’avancer dans l’âge puis de regarder avec des yeux d’adultes ce qu’on a regardé avec des yeux d’enfants.
On trouvait la symbolique assez sympa d’avoir la maison comme catalyseur de souvenirs. Toutes ces choses qui se fixent dans le temps et un certain regard idéaliste des années après. On l’a imaginé comme ci chaque morceau était une pièce de la maison.
En plus pour l’enregistrement on était dans une vieille maison et on a fixé des souvenirs dans cette maison. Ça a fait écho. Pour la création on a tous écrit dessus sans se mettre des freins. Ça permet de pas se brider. Une fois qu’on a pas mal de matières ça se resserre doucement jusqu’aux titres finaux. On se connait depuis pas mal de temps et on se comprends rapidement.

 

// Vous êtes le genre de groupes à écrire en tournée ou vous préférez le calme du studio ? 

R / B: Pour être honnête notre vie de tournée n’est pas encore assez développé pour avoir la chance de composer sur la route. Mais on arrive quand même à tester des choses en balances. Globalement on écrit tous un peu de notre coté. On a aussi besoin de se poser après une période de tournée. On séquence tout ce temps là. Mais si un jour on a la chance de faire ça dans un tour bus ce serait merveilleux.

 

// Vous avez sortis le clip de « Worried by you » on suit cette jeune femme qui déambule dans des lieux divers casque audio vissé sur les oreilles.
J’ai pensé à : « je m’en fous de ce qui se passe autour ».
Un coté un peu anti conformiste. 

R / B: C’est intéressant ce que tu dis. C’était pas forcément ça qu’on avait pensé mais je trouve ça chouette que nos clips soient interprétés de manière différente par le public.
Pour ce clip là on voulait une sensation de légèreté. Même si les paroles sont un peu plus sérieuses. Louise qui est dans le clip n’a pas besoin du regard des autres, elle est dans sa bulle, tranquille.

 

// Bordeaux est une ville prolifique pour la musique, on pense récemment à JC Satan, Odezenne…. Avez vous contact avec la scène bordelaise ? 

R / B: Il n’y pas de compétition entre les groupes. Et d’ailleurs il y a pléthores de styles différents. Quand on est arrivés dans cette ville on a beaucoup joué dans des caves, on a eu pas mal de partages de scènes. Quand un groupe bordelais part en tournée on refile les plans cool. La ville en tout cas est très très rock je pense à un groupe comme Guu qui font du garage. C’est hyper cool. Je pense aussi à Equipe de foot et pleins d’autres. On a plus au moins d’atomes crochus mais ça reste très bienveillant. On ne se marche pas sur les pieds.

 

// Vous avez beaucoup tourné vous le disiez, notamment aussi avec Ditz et Shame. Comment avez vous vécu tout ça ? 

R / B: Shame ça remonte en 2021 je crois, on a eu la chance d’être placés sur le festival « Bordeaux rock« .
Notre manager à l’époque y travaillait on a eu un petit piston mais néanmoins la programmation nous avait validé. C’est un groupe qu’on a beaucoup écouté c’était assez fou pour nous d’ouvrir pour Shame. Ils tournaient pour la sortie de « Drunk tank pink » un album qu’on a bien poncé. Pour être honnête on a pas eu trop d’interactions que ça. Ils étaient en tournée donc pas forcément envie de discuter avec tous les gens qu’ils croisent en tournée. On le comprend tout à fait. Avec Ditz en revanche on a passé une super soirée. Ils étaient un peu moins développés quand on a joué avec eux au Petit bain sur Paris.
C’est un groupe qu’on recroise régulièrement et on va les voir souvent. On a pleins de copains en commun. C’est deux supers groupes.

 

// Des exclus avant la sortie du disque en janvier ?

R / B: On fête la sortie du disque à la Maroquinerie de Paris en Février. On va sortir un nouveau single en décembre. Encore un peu de promo sur les réseaux et on va vite y être. 

 

« The house »
1er album de Nasty Joe
À paraître le 16 janvier 2026

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