INTERVIEW : Prends la route pied au plancher avec les SPITTERS !!

C’est au complet que les garnements des Spitters se sont livrés au jeu de l’interview.
« Fake brutal » dernier disque en date est une claque sonore qui n’a rien à envier aux anglais et consorts. On prend la route à 200 à l’heure sans freiner dans les virages.

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// Vous êtes toulonnais, entre guillemets des vieux de la vieille puisqu’une dizaine d’années d’existence, 5 disques au compteur et pas mal de concerts.
Il y a quelques semaines vous avez sorti « Fake Brutal » le 5ème disque, comment sont les retours ? 

The Spitters: Ecoute les retours sont plutôt bons.On a une attachée de presse qui bosse super bien. L’album a été bien diffusé.

 

// C’est votre 5ème album, une expérience scénique de 10 ans, vous vous connaissez depuis le collège est ce que c’est un avantage de se connaitre par coeur ? 

The Spitters: Clairement. Depuis qu’on a 12/13 ans on fait de la musique ensemble.
On est très soudé à ce niveau là.

 

// Est ce que ça a aussi quelques inconvénients d’être un vieux couple ? 

The Spitters: Non, parce qu’on communique très bien entre nous. Dès qu’il y a un soucis on se parle. Ça marche toujours.

 

// Vous êtes dans une scène très 70’s, en citant les Buzzcocks, mais il n’y a pas que ça.
Plus récemment, on peut parler de Wine Lips ou encore Bad Nerves.
Comment on travaille ce son très moderne tout en gardant cette approche très 70 ?

The Spitters: Sur cet album on s’est un peu rendu fou. On a emmené des compos qu’on a travaillé puis retravaillé. Quand tu es en compo en répète tu as un peu la tête dans le guidon donc c’est un peu difficile de trouver des arrangements. Avoir ce système de pré-prod ça nous a permis d’avoir un oeil extérieur dessus. Aussi l’album n’a pas été créé très vite. On a pris le temps. On a autant des influences anciennes qu’actuelles. On essaye de faire le mix des deux avec bon goût.

// On sent tout de suite une énergie forte, très musclée. Le disque a été mixé par Mike Curtis des Bad Nerves et masterisé par Christian Wright d’Abbey Road qui a entre autre bossé avec Fontaines D.C., Blur ou encore Franz Ferdinand. 

The Spitters: On cherchait vraiment ce son depuis pas mal d’années. On considère qu’on est un groupe live plus que de studio. Nous voulions absolument retranscrire cette hargne cette violence qu’on a en live. Quand on s’est rencontré avec Bad Nerves on a discuté avec eux. On a proposé à leur ingé son de bosser sur notre disque. On s’attendait pas vraiment à une réponse. Il a écouté et a été super emballé. Puis quand on a écouté les premiers mix on a halluciné.

 

// Justement la rencontre avec Bad Nerves s’est faite comment ? 

The Spitters: On a fait deux dates avec eux. On adore leur son et de fil en aiguille c’est devenu logique.

 

// Vous dites que vous êtes plus un groupe de live pourquoi ne pas enregistrer une live session ? 

The Spitters: On voulait que ce soit bien produit. Le disque précédent, « Kitty Brain« ,  avait été enregistré live. On voulait sortir de ce coté live tout en trouvant ce coté hargne live tout en enregistrant en studio. On voulait un son plus propre en gardant ce truc live.
Mike Curtis a réussi ce tour de maitre. 

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// Tout ce plaisir d’enregistrer en studio ça vous a donné un peu plus envie d’être en studio ? 

The Spitters: Le live c’est notre leitmotiv. Mais on adore aussi la production.
On aime aussi aller en studio.

 

// Avec ce « Fake Brutal » on a un peu l’impression que c’est un renouveau chez les Spitters. 

The Spitters: Peut être, mais on ne reste pas dans nos habitudes. On est tout le temps entrain de découvrir de nouvelles choses. Notre son évolu. La recette est là mais on essaye à chaque fois de la redécouvrir. C’est plus une avancée pour les Spitters. Aujourd’hui ça sonne comme ça peut être que le prochain disque sonnera différemment. 

 

// Votre expérience live est impressionnante. Vous avez fait des premières parties assez folles comme ouvrir pour The Hives, Ty Segall, Kurt Vile…
Outre le fait du kiff de faire ça est ce que vous avez appris des choses à leurs cotés que ce soit sur la présence scénique ou autres ? 

The Spitters: De toute façon, pour nous dès qu’on voit un concert où on en prend plein la tronche, on retourne vite dans le local de répète pour être encore plus fort.
On s’influence de tout ce qu’on voit. Pour The Hives c’était beaucoup trop bien puis ils sont très gentils. 

// Vous avez fait des scènes incroyables aussi comme le feu Pointu festival et le Hellfest.
Quels ont été vos souvenirs de ces dates ?
 

The Spitters: Nos souvenirs de jeunesse, c’est de regarder les lives du Hellfest. Puis au moment de monter sur scène tu as un bon coup de pression du genre « Ok c’est à moi là ».
On n’a jamais été déçu.

 

// On a parlé de la forme on va parler du fond dans vos morceaux. Les thèmes sont un peu plus critiques que sur les précédents disques.
Qu’est ce qui vous a fait quitter votre flegme du début ?

The Spitters: On a toujours eu un petit ras le bol de quelques situations. On a des textes en attente qui méritent d’être posés. Ça nous a servi d’exutoire. Les gens m’attristent beaucoup, ceux qui sont pris au piège dans une idée, des stéréotypes. Ils ne sont que noirceur. Ils essaient de se sublimer alors que ça ne va pas. Ce coté vernis accentué par les réseaux. Un petit peu de politique aussi. On parle surtout des gens qui vont mal.

 

// On retrouve un petit peu « Black Mirror » dans vos textes. 

The Spitters: C’est un peu nos références ! 

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// Vous êtes sur un label qui est « Howlin banana Records ». Un label qui a à coeur de faire sortir tout ce vivier de punk rock. Vous êtes un des groupes seniors de ce label.
Comment expliquez vous ce désir du public de revenir à un rock plus frontal de vouloir lâcher les chevaux ?
 

The Spitters: Je pense qu’il y a un besoin de se défouler, de prendre quelque chose de vrai dans la tronche.
Si tu prends tous les disques des Spitters, c’est souvent fun dans la musique et plus morose dans les textes. Cet entre deux on l’a toujours eu depuis le début. Ce qu’on veut en live c’est que les gens fassent la teuf et se délivrent de leur vie.

 

// La cover est intéressante également. Elle est très colorée avec ce fond bleu et cette poupée de porcelaine cassée. 

The Spitters: Les 3 premiers singles ont eu des images un peu chocs. On a fait un triptyque dans le disque. La cover reflète de façon métaphorique une enfance brisée. Il y a tellement de causes pour avoir une enfance brisée. A la base il y avait une autre cover et notre entourage nous a dit de ne pas l’utiliser. La violence était plus subjective, c’était une petite fille qui se force à sourire mais avec le nez cassé. C’était plus violent mais la poupée est une bonne métaphore on s’est mis d’accord la dessus.

// La suite pour The Spitters ? 

The Spitters: Beaucoup de concerts, en Allemagne en Italie en Angleterre, en Belgique aussi.
On va aller défendre ce disque sur scène on a bien hâte.

 

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« Fake Brutal« 
5ème album de The Spitters
Toujours disponible 

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