On savait déjà que Jamie Smith (alias Jamie xx) était bien plus qu’un simple faiseur de beats pour son groupe d’indie-pop timide. Ses récentes escapades en solo ont prouvé qu’il portait en lui tout l’héritage de la UK Bass, de la UK Garage et du dubstep de club. Mais ce qu’il vient de présenter à Londres en cette fin d’année 2010 dépasse le cadre de la simple release de maxis.
En s’alliant avec l’artiste numérique italien Quayola pour le projet Structures, le producteur londonien transcende la musique pour proposer une véritable synesthésie brute.
« Progress » : Une bombe Dubstep instrumentale et hypnotique
Au cœur de cette collaboration, il y a un titre inédit de Jamie xx : « Progress ». Et le morceau porte foutrement bien son nom. On oublie ici les formats pop classiques. Jamie livre un instrumental dubstep d’une classe folle, sombre mais étrangement lumineux, guidé par une basse rampante et des textures métalliques qui s’imbriquent avec une précision chirurgicale.
C’est de la musique de club pour fins de nuit, minimaliste et obsédante, qui rappelle les heures les plus pointues de l’écurie Hyperdub ou le travail texturé d’un Four Tet. Pas de concessions, pas de samples vocaux faciles : juste de l’endurance et du groove cérébral.
L’expérience visuelle totale par Quayola
Mais « Progress » ne serait pas complet sans le choc visuel qui l’accompagne. Oubliez les clips MTV ou les projections basiques de VJ en boîte de nuit. Quayola utilise son logiciel sur mesure (Partitura) pour générer des visualisations sonores en temps réel sur des écrans HD géants.
Le concept est fascinant : l’algorithme réagit directement aux fréquences, aux kicks et aux infrabasses de Jamie xx. À chaque burst de couleur, à chaque ondulation de formes géométriques abstraites qui saturent l’écran, on réalise à quel point la fusion entre l’audio et le visuel est organique. Les graphismes ne se contentent pas d’habiller la musique, ils l’interprètent, ils prennent vie à travers elle.
Le verdict : Le clubbing de demain
Avec Structures, Jamie xx et Quayola prouvent que la culture électronique de 2010 n’est plus seulement confinée aux raves moites ou aux arrière-salles de bars sombres. Elle a sa place dans les galeries d’art contemporain sans pour autant perdre son pouvoir de faire bouger les corps. « Progress » est une claque texturale monumentale.
Jamie xx confirme qu’il est bien le cerveau le plus excitant de la nouvelle scène électronique anglaise. Vivement la suite en 2011.
Le verdict : 5/5 À écouter si vous aimez : Mount Kimbie, Joy Orbison, l’art numérique qui fait mal aux yeux, et l’odeur du béton froid de Shoreditch.



