Kid Koala trace la route de Chicago à New York en un seul plan

 

Il y a des types qui annoncent un nouvel album et balancent trois singles calibrés radio pour préparer le terrain. Et puis il y a Kid Koala, qui débarque avec une vidéo tournée en un seul plan-séquence, une carte des États-Unis et une armée de jouets miniatures. Devinez qui je préfère.

Le Canadien (de son vrai nom Eric San) revient avec « 8 bit Blues (Chicago to LA to NY) », premier extrait de son prochain album 12 Bit Blues, attendu le 17 septembre sur Ninja Tune. Et si le titre du morceau vous rappelle furieusement les indicatifs téléphoniques américains, c’est fait exprès : Chicago, LA, New York, trois villes, trois codes régionaux, un vol qui les relie. Kid Koala aime les concepts qui tiennent sur un post-it, et celui-là fonctionne à merveille.

Une vidéo bricolée à la main, et c’est tant mieux

Le clip, que Kid Koala a réalisé lui-même, tient en un plan unique : une carte des USA posée à plat, des petites valises, des platines miniatures, des claviers jouets et un stylo qui trace le trajet de l’avion en direct. C’est fait main, ça bricole, ça sent l’artisanat DIY à plein nez, et ça colle parfaitement à l’esprit de l’album qui arrive derrière. Franchement, dans un monde de clips tournés au drone avec CGI à toutes les sauces, voir quelqu’un s’amuser avec des figurines sur une table, ça fait un bien fou.

Un blues fabriqué à l’ancienne, sans une ligne de séquenceur

Le morceau annonce la couleur de 12 Bit Blues, un album entièrement construit à partir d’un E-mu SP-1200, la fameuse boîte à rythmes-échantillonneur qui a fait les grandes heures du hip-hop old school. Kid Koala l’a utilisée pour dépecer et réassembler de vieux enregistrements de blues, le tout enregistré en trois jours, à la main, sans logiciel de séquençage. Une méthode qui a quasiment disparu chez les producteurs actuels, et qui donne au morceau ce grain brut, presque cassé, qu’aucun plug-in ne recrée vraiment.

Le disque comptera onze morceaux au doux nom de « 1 bit Blues », « 2 bit Blues », et ainsi de suite jusqu’au « Denouement » final, avec notre « 8 bit Blues » planté pile au milieu du tracklisting. Les fans de la première heure pourront même mettre la main sur une édition limitée livrée avec un kit de platine en carton actionnée à la main et un flexi disc, histoire de rappeler que chez Kid Koala, le geste artisanal ne s’arrête jamais au clip.

Un mec qui ne fait jamais les choses comme les autres

Entre le graphic novel qu’il vient de boucler et cette incursion dans le blues fait main, Kid Koala confirme une fois de plus qu’il est incapable de suivre une trajectoire de carrière normale. Et c’est précisément pour ça qu’on continue de le suivre.

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