Il y a des noms de crews qui sonnent comme une promesse un peu gonflée, et puis il y a ceux qui finissent par la tenir sur la durée. The Freshest fait partie de la deuxième catégorie. Fondé à Vancouver en 2006, ce « conglomérat musical » (leurs propres mots, et on ne va pas leur reprocher l’ambition du terme) a fini par devenir un point de repère de la scène club canadienne, avec en son cœur un duo de production qui allait ensuite voler de ses propres ailes : Kutcorners & Marvel.
Quatre fans de musique qui refusent de choisir un seul genre
À l’origine, The Freshest c’est un quatuor : Marvel, Kutcorners, Rico Uno et Seko. Quatre types réunis par une passion commune pour un spectre musical volontairement large, sans se coller d’étiquette de genre définitive. Leur came, c’est de pousser la musique qu’ils aiment et de trouver des manières créatives de la faire arriver jusqu’aux oreilles des autres. Concrètement, ça se traduit par des résidences DJ devenues quasi légendaires à Vancouver, et par le lancement de plusieurs des meilleures soirées club de la ville, avant d’exporter leurs sets ailleurs en Amérique du Nord et au-delà.
Une discographie qui déborde largement du dancefloor
Le crew ne s’est jamais contenté de mixer les disques des autres. The Freshest a construit une vraie discographie faite de productions originales, de remixes et de mixtapes, avec des collaborations qui parlent d’elles-mêmes : Aritzia, Fools Gold, Mad Decent, Livestock, Wings + Horns, Stüssy, Serato. Le genre de liste de crédits qui dit très clairement dans quel écosystème (mode urbaine, labels indépendants, culture DJ) le crew a construit sa réputation, discrètement mais solidement.
Kutcorners & Marvel, le duo qui prend son envol
Au sein du crew, une association s’est révélée particulièrement fertile : celle de Kutcorners et Marvel, qui signent ensemble une bonne partie des productions et remixes sortis sous la bannière The Freshest. Leur alchimie de studio a fini par prendre une existence propre : dès 2011, les deux compères commencent à se produire sous un alias distinct, Live Evil, direction sonore plus sombre que le son originel du crew. Le nom a d’abord désigné leurs sets live, avant de devenir leur identité de production à part entière.
Et Live Evil n’a pas traîné pour se faire remarquer. Le duo tourne en Amérique du Nord, décroche des éloges chez Pitchfork, Okayplayer et Hypetrak, et voit ses productions passer sur des antennes qui ne rigolent pas avec la sélection musicale, comme Shade 45 ou la BBC Radio 1. Pas mal pour un binôme parti d’une simple bonne entente au sein d’un crew de potes vancouvérois.
Pourquoi ce genre de trajectoire mérite qu’on s’y attarde
Parce que c’est une trajectoire qui résume assez bien comment fonctionne une bonne partie de la musique électronique et hip-hop underground : ça commence toujours par une bande de potes qui aiment la même chose et qui montent une soirée dans leur ville, et parfois, ça se transforme en carrière internationale sans jamais perdre l’esprit collectif du départ. The Freshest reste le socle, Kutcorners & Marvel (devenus Live Evil) en sont la ramification la plus visible à l’international. Les deux histoires continuent de se répondre.
Envie de creuser d’autres trajectoires du genre ? Direction les archives paillettes du blog, et pour continuer à traîner nos guêtres entre deux morceaux, retrouvez-nous chaque semaine dans Des Chips et des Leffes, le podcast qui parle de tout ça avec un peu moins de rigueur et beaucoup plus de bière.



