Le post-punk britannique ne se limite pas à la grisaille et aux revendications sociales rectilignes ; il sait aussi être une brillante démonstration d’absurdité et de géométrie variable. La preuve par sept avec Keg, formation originaire de Brighton qui bouscule les codes du rock indépendant. Avec leur nouveau single « Presidential Walk », le groupe prouve que la dissonance peut s’accoupler avec une jubilatoire excentricité.
Un septuor noise-punk au cœur d’un trépidant bordel de guitares
Keg est un collectif structurellement fou. Aligner sept musiciens sur scène sans sombrer dans la cacophonie stérile relève de l’exploit. Le groupe y parvient en orchestrant un trépidant chaos où les guitares abrasives sautent partout, portées par une section rythmique tendue et des arrangements de cuivres angulaires qui rappellent l’urgence de Devo ou de Talking Heads.
Au-delà de cette efficacité instrumentale, c’est l’écriture sémantique et thématique de la bande organisée qui interpelle. Le chanteur et parolier, Albert Haddenham, cultive l’art du contre-pied et de la dérive textuelle.
« Presidential Walk » : De Wikipédia aux marches méditatives de François Mitterrand
La genèse de « Presidential Walk » résume à elle seule la singularité de Keg. Lors d’une navigation nocturne sur Wikipédia, Albert Haddenham cherchait initialement des données sur des peintures rupestres. De lien en lien, l’algorithme l’a mené vers un article documentant les marches méditatives de François Mitterrand. Le morceau est né de cette collision absurde.
C’est précisément cette folie narrative et conceptuelle qui séduit. Keg rappelle que le punk et le noise-rock ne sont pas uniquement des vecteurs de colère vindicative ; ils peuvent devenir le terrain de jeu d’une musique détonnante, surprenante et profondément vivante.
Ce morceau hautement addictif est le premier extrait de leur prochain EP baptisé Assembly, dont la sortie officielle est calée pour le 22 octobre.



