On voyage dans un western qui nous emmènera dans le monde entier avec le titre Maria También de Khruangbin
Khruangbin m’a eu alors que je prenais mon café en regardant le soleil se lever sur ma campagne. J’ai eu rapidement envie de monter sur mon cheval et de dévaler le monde à la recherche de trésor ou de personne à sauver. Malheureusement je déteste faire du cheval et il n’y a pas de steppes en Deux-Sèvres (ok, peut-être des familles à sauver par contre, ça on gère, pas besoin de canasson pour ça, juste d’un bon café et d’une bonne volonté).
Le trio texan a su produire des mélodies chamaniques mélangeant funk, psyché et dub, comme une caravane qui traverserait le désert au ralenti, mirage après mirage, sans jamais vraiment se presser. C’est le genre de morceau qui n’a pas besoin de hurler pour t’hypnotiser : les guitares planent, la basse groove tranquillement, la batterie avance à pas feutrés, et toi tu te retrouves à hocher la tête sans t’en rendre compte, un peu absent, ailleurs, quelque part entre ta cuisine et une oasis imaginaire perdue au milieu de nulle part.
Il y a quelque chose de presque rituel dans leur façon de construire un morceau : ça commence discret, presque timide, puis ça se déploie doucement, couche après couche, comme un encens qu’on allume et qui finit par embaumer toute la pièce sans qu’on ait vu venir le moment où ça a basculé. On ne sait jamais vraiment où ça va nous emmener, et c’est justement pour ça qu’on se laisse faire.
On se laisse enivrer, bercé même, porté par cette nappe sonore qui donne l’impression d’être en apesanteur alors qu’on n’a pas bougé du canapé. Et forcément, on a rapidement envie d’en prendre une seconde pinte, voire une troisième, tant qu’on y est, histoire de prolonger un peu cette sensation de vagabondage immobile. Parce que c’est bien ça la force de Khruangbin : te faire voyager à des milliers de kilomètres sans jamais te faire lever de ta chaise, te transformer en explorateur du dimanche matin sans bouger d’un pouce, juste avec les yeux mi-clos et une tasse qui refroidit doucement à côté de toi.
C’est donc extrait de leur album Con Todo El Mundo dispo sur bandcamp.



