À la base, je devais vous glisser une chanson lente et douce sous la couette. Mais c’est l’été indien, et l’été indien, chez moi, ça veut dire une seule chose : Joe Dassin qui débarque sans prévenir, s’installe à côté de moi et me susurre son « on ira où tu voudras, quand tu voudras » avec cette voix de velours qui devrait être classée arme de destruction massive. C’est simple, la légende urbaine veut que Dalida et Julio Iglesias aient servi de bande-son à Guantanamo pour faire craquer les prisonniers. Je comprends totalement la manœuvre. Passez-moi Gigi l’Amoroso en boucle pendant six heures et je vous signe des aveux pour des crimes que je n’ai même pas eu le temps de commettre.
Bref, plutôt que de vous infliger une ballade sirupeuse un jour de canicule, on change complètement de registre. Direction Toulouse et son collectif Boussole Records, qui couve depuis plus de dix ans une belle brochette de projets électroniques locaux (Mangabey, TOT, Bien ou Bien, Silver Coast, et j’en passe). Dans le lot, un duo qui mérite clairement plus de lumière : La Petite Grande.
La Petite Grande, c’est de la house et de la nu-disco taillée pour faire transpirer un dancefloor sans prise de tête, le genre de groove qui vous fait hocher la tête avant même que vous ayez compris pourquoi. Signés chez Boussole Records aux côtés de toute la scène électro toulousaine, ils écument depuis des années les Boussole Party à la Dynamo, référence locale s’il en est pour qui aime sa musique électronique sans chichis mais avec du répondant.
C’est exactement le genre de son qu’il faut pour un été indien digne de ce nom : chaud, groovy, sans une once de nostalgie sirupeuse. De l’électro disco qui va vous faire danser tout le week-end, sous la chaleur qui traîne encore en septembre, pendant que Joe Dassin peut aller squatter l’oreille de quelqu’un d’autre.
Et justement, l’occasion est parfaite : La Petite Grande sera en concert le 12 à la Boussole Party de Toulouse. Si vous êtes dans le coin, foncez. Et si jamais, au détour d’un set, vous entendez les premières notes de Gigi l’Amoroso résonner dans la salle : courez. Ne posez pas de questions. Le FBI est déjà derrière vous.
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Une sacrée trouvaille, sacré bon dieu de bordel !