Je suis tombé sur deux lectures passionnantes cette semaine. La première, sur Substack, raconte comment la génération Z redonne vie aux radios étudiantes aux États-Unis, tu sais les petites radios locales avec des gens qui balancent des sons venus de nulle part, comme nos radios locales ou comme ton blog favori. La seconde, publiée par Rolling Stone France, s’intéresse à Spotify et ChatGPT, qui testent la “musique conversationnelle” : tu discutes avec ton appli, elle te répond en playlists. Deux visions du futur musical, presque opposées, mais toutes deux terriblement actuelles.
Alors, laquelle va gagner ?
Le papier d’emwhitenoise sur Substack parle d’un phénomène qui m’a étonné : alors qu’on croyait la radio morte,>les jeunes la ressuscitent. Mais pas les radios commerciales, non. Les college radios, ces bastions du DIY où l’on programme par passion, sans algorithme ni paiement par les maisons de disques (oui oui, certains sites font ça). C’est une envie de reprendre le contrôle sur ce qu’on écoute, sur ce qu’on partage. D’entendre des voix réelles, pas des suggestions calculées, juste des gens qui disent : « écouter ça, ça m’a touché ou fait bouger la tête ». Ca existe encore dans les radios locales en France, c’est ce que je fais avec Des chips et des leffes, c’est ce que fait FIP.
L’IA veut être ton DJ préféré
À l’autre bout du spectre. Tu lui dis : “Fais-moi une playlist pour courir sous la pluie avec mon chien en pensant à mon ex”, et il te concocte la bande-son parfaite pour ta rupture sentimentale et ta tendinite au talon. C’est bluffant, évidemment. L’idée que l’IA comprenne ton humeur, ton contexte, tes goûts cachés. On peut cependant se poser de comment l’IA va choisir, comment l’IA va aller fouiller les nouveaux groupes (ou pas), comme récupérer un groupe obscur des années 60 et pourquoi ? Cette ultra-personnalisation promet le confort, mais tue peu à peu la surprise. Fini le hasard, le morceau tombé d’on-ne-sait-où qui change ta journée.
Coexistence ou bien ?
Alors, que va-t-il se passer ? Peut-être que les deux mondes vont cohabiter. L’IA pour le quotidien, la radio humaine pour le frisson. Les algorithmes pour te donner ce que tu veux, et les DJ ou curateurs pour te rappeler ce que tu avais oublié d’aimer. Ou peut-être pas. Peut-être que l’IA finira par imiter si bien la curation humaine qu’on ne verra plus la différence. Elle saura quelle chanson te faire découvrir pour que tu croies encore au hasard. Elle te laissera même un petit blanc entre deux morceaux, pour le réalisme.
Et puis un jour, ChatGPT me dira :
“Tiens, tu devrais écouter du at the drive in sur une radio étudiante de l’Iowa.”
Et pour terminer sur une note de musique, voici chance with wolfes, une émission indé que j’aime bien