Marilyn Monroe, à la vie à la mort.

Le 4 août prochain, nous commémorerons les 60 ans de la mort de l’icône mondiale de toute une génération : Marilyn Monroe. A cette occasion, Netflix sort un long métrage documentaire intitulé Le Mystère Marilyn Monroe, conversations inédites. On pense que tout a été dit et écrit sur Marilyn, et l’on se trompe. Le film nous propose des enregistrements audios de l’actrice, ainsi que de ses proches, jamais diffusés jusqu’à aujourd’hui. Une plongée passionnante dans la vie de cette femme à la fois si belle et si complexe, à l’aune du mouvement #MeToo, ce qui change probablement notre vision de l’affaire.

« Il y a toujours 2 côtés dans une histoire. »

Amateur d’Histoire américaine, j’ai lu toute la bibliographie de William Reymond entre ma vingtième et ma trentième année. Ses enquêtes sur l’assassinat de JFK, sur le crime organisé, ou encore sur l’empire Bush sont absolument passionnantes et extrêmement documentées. Mais le livre qui m’a le plus intéressé est Marilyn, le dernier secret, paru en 2008 chez Flammarion. En effet, il va creuser au-delà des complotismes en vogue, dès que l’on parle des hommes et des femmes de pouvoir dans les années 50 et 60 aux États-Unis. Or ce film-enquête réalisé par Emma Cooper est fait du même bois. A la différence près que d’entendre les proches de l’idole, enregistrés pour la plupart en 1982, nous dévoiler leurs sentiments sur la vie et la mort de celle-ci, a de quoi nous donner des frissons.

Passionnée de cinéma depuis sa tendre enfance, Marilyn Monroe, fille abandonnée par son père puis délaissée par une mère souffrant de schizophrénie et de paranoïa, comprit très vite quelle était sa vocation. Consciente de sa beauté et de l’attraction qu’elle générait inexorablement chez les hommes, elle réussit rapidement à côtoyer les personnages influents d’Hollywood. Ainsi, elle finit par jouer pour les plus grands réalisateurs de l’époque, entourée des meilleures actrices et acteurs. L’étoile était lancée. Elle brillait de mille feux. Elle illuminait le monde de sa grâce à la moindre apparition. Mais l’on ne savait pas encore que cette étoile serait filante.

« Une carrière, c’est fantastique. Mais on ne peut pas se blottir contre elle, la nuit, quand on a froid. »

On parle beaucoup de Netflix pour ses séries et pour ses films, mais rarement pour ses documentaires. Pourtant, ils sont souvent très bons dans cet exercice et Le Mystère Marilyn Monroe n’échappe pas à la règle. Emma Cooper s’est appuyée sur le travail du biographe irlandais Anthony Summers qui avait enquêté sur la star 20 ans après sa mort. De ses recherches, il avait tiré un livre, Goddess, paru en 1985. Mais pour l’écrire, il avait enregistré des heures et des heures d’entretiens sur des K7, et c’est celles-ci qu’il a accepté de confier à la réalisatrice pour son film. Si l’on y ajoute les images, les interviews, les archives du FBI, on a la sensation d’approcher la vérité, même s’il est impossible d’avoir de certitudes.

De toute évidence, Marilyn Monroe, en plus de ses 3 maris, a eu de nombreux amants dans sa courte vie. Tous plus influents les uns que les autres. A certaines périodes, il est difficile de nier qu’elle s’est servie d’eux, notamment pour sa carrière d’actrice. Mais beaucoup l’ont considérée comme un vulgaire morceau de viande, comme elle le disait elle-même. A commencer par le président JFK et son frère Bobby, avec lesquels elle a entretenu des liens charnels autant que conflictuels. Et ils ne sont probablement pas étrangers à son addiction aux somnifères et autres tranquillisants. Ceux-là même qui ont causé sa mort, par accident ou par suicide. Ou pire encore ?

La seule photo de Marilyn et des Kennedy aillant échappée au grand ménage du FBI

« Une fille sage connait ses limites. Une fille intelligente sait qu’elle n’en a pas. »

Aussi complet soit-il, ce très bon documentaire ne donne pas de réponses définitives. Mais il nous permet d’appréhender plus précisément la personnalité de Marilyn Monroe ainsi que les enjeux de ses aventures dans une Amérique plongée dans la guerre froide. Moi-même, qui suis né longtemps après sa mort, je n’ai pas pu m’empêcher de tomber sous le charme de cette femme si superbe et pourtant si abimée. Indubitablement, elle était aussi belle à l’extérieur que déchirée à l’intérieur. Sa vie fut une fuite en avant, pour échapper à son passé, à sa solitude et paradoxalement à un manque d’affection véritable. Les apparences sont trompeuses, elle en était le parfait exemple.

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