Mikal Gilmore et « Un long silence, Let’s do it

J’ai lu cet été le livre de Mikal Gilmore « Un long silence ». Mon attrait pour tout ce qui est meurtrier et tueur en série (la psychopathe que je suis vous salue du bout de sa lame 😈) n’avait pas mis l’histoire de Gary Gilmore sur mon chemin, ce fut fait par cette lecture.
Le bonheur de fouiner dans sa librairie préférée !

un long silence

L’auteur parle au travers de sa vie, de l’exécution de Gary Gilmore, son frère aîné. Cette histoire avait déjà été retracée par Norman Mailer dans « Le chant du bourreau » mais c’était vu de l’extérieur de la famille, par les seuls témoignages des proches. Ici, Mikal est directement lié à l’histoire, bien que le plus jeune et le moins impacté par la violence paternelle. On y lit les années de l’intérieur, la montée en puissance d’une violence familiale, transmise par un père alcoolique, une société, un milieu social défaillant.

mikal gilmore
Mikal Gilmore, qui est-il ? Né en 1951, de Bessie et Franck Gilmore, il est le dernier fils d’une fratrie de quatre garçons : Franck Jr, Gary, Gaylen, ses aînés. Il commence à écrire des critiques musicales dans les années 70 avant de devenir rédacteur en chef de Rolling Stone magazine. En 1993, en écrivant ce livre, il veut répondre à la question : pourquoi et comment Gary est-il devenu un meurtrier ? Et rendre un hommage à Franck Jr, ce frère aîné le moins aimé et pourtant le meilleur soutien d’une mère avec qui il restera jusqu’à sa mort. On ne peut s’empêcher de le prendre en affection (on voudrait aussi lui dire « mais casse-toi loin de toute cette merde ! »), tout comme on peut détester ce Gary qui a, très tôt, le comportement d’un psychopathe, et pourtant…tout n’est jamais ni blanc ni noir.

La mère, Bessie était dérangée mentalement, fille d’une famille de mormons de l’Utah, le père, Franck, violent et escroc notoire, né d’une mère spirite qui l’a convaincu qu’il était le fils du prestidigitateur Houdini. Vingt-trois ans séparent ces deux écorchés, Franck a déjà eu plusieurs femmes et des enfants éparpillés ça et là.
Il frappera Bessie et les aînés, transmettant une éducation à coups de poing et d’humiliation.
Gary dira un jour que s’il avait pu le tuer sans se faire prendre, il l’aurait fait. Aucun doute. Son parcours le confirme.

Le livre nous glace, nous prend aux tripes, la violence est palpable et omniprésente. Les frères, les trois aînés, réagiront différemment et aucun ne saura s’en sortir vraiment, l’un, Franck, finira Sdf, un autre, Gaylen, assassiné et Gary exécuté pour double meurtre.

« Un long silence », c’est le silence d’une famille bancale, ce qui n’a jamais été dit, ce qui a été travesti par une mère démente. Mikal est né quand son père, déjà 61 ans, n’était plus aussi apte à frapper, il sera le fils préféré de celui-ci, il n’aura pas à souffrir du concret des coups mais sera hanté par la noirceur de ses proches.

un long silence

Gary Gilmore. Le sujet du livre. Fils préféré d’une mère. Fils punching-ball d’un père. Homme pétri de colère. La violence en bandoulière.
Attiré très jeune par les armes, fils violenté, devenu violent jusqu’aux meurtres de deux jeunes mormons en 1976 à 35 ans. Ce qui interroge dans son histoire c’est sa détermination à être exécuté, il n’y avait pas eu de peine capitale en Utah depuis 1967. Imaginez les gros titres des journaux !
Gary a stoppé tous les recours que sa famille mettait en route, son exigence était la mort. « Let’s do it » dira-t-il aux cinq exécutants.
Sans vous déflorer tout le livre, Mikal Gilmore nous dépeint sa famille, ses fantômes, sans fitres. Ses souvenirs n’étaient pas tous conscients, son frère Franck l’a aidé à comprendre, à combler les vides, Mikal était un môme quand Gary a commencé à se déconstruire. Comprendre d’où provient la colère, ce qui fait d’un homme un meurtrier n’est pas évident, Mikal Gilmore, mot à mot, essaye.

Mon attrait, comme je le disais en début de cette logorrhée, pour ce sujet, me confirme à chaque horreur que l’éducation, la violence intra familiale est un ressort évident et chaque personnalité réagira selon sa capacité. La résilience n’est pas donnée à tout le monde. On peut vriller, ça n’excuse pas, ça explique.

Si vous n’aimez pas, je ne rembourse pas.
Lire aide à vivre, si si 😉

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