MRCY – Wandering Attention (ou comment se perdre élégamment dans le flou mental du quotidien)

Il y a des morceaux qui ne crient pas. Qui ne tapent pas. Qui n’ont pas besoin de hurler pour te retourner. « Wandering Attention » de MRCY, c’est ça : une caresse qui te colle un frisson, une torpeur classe, une errance qui sent la nuit tombée sur une ville trop grande.

MRCY signe une soul égarée et sublime avec Wandering Attention

Le duo londonien – Kojo Degraft-Johnson à la voix, Barney Lister aux machines – tisse ici un univers suspendu, entre soul numérique, R&B hanté et spleen électro. C’est lent, c’est beau, et ça ne cherche jamais à séduire de façon frontale. C’est de la séduction passive-agressive, celle qui t’attire pendant que tu regardes ailleurs, comme un regard flou à l’autre bout d’un bar désert.

La prod, c’est une horlogerie fine. Chaque beat est un soupir maîtrisé, chaque synthé un nuage mental. La voix glisse, chaude mais inquiète. Elle parle d’attention qui se dérobe, de focus qui vrille, de ce sentiment contemporain d’être toujours un peu ailleurs – à moitié présent, à moitié perdu.

C’est une musique de fin de journée trop longue, d’insomnie douce, de promenade dans sa propre tête. « Wandering Attention » ne cherche pas à te réveiller, elle t’invite à plonger. Et tu plonges. C’est est extrait de leur prochain album « Volume 2 » et ça sort le 30 mai prochain.

La petite bio qui va bien

D’un côté, Barney Lister, producteur et multi-instrumentiste originaire de Huddersfield, imprégné dès l’enfance par la culture sound system du Yorkshire, avant de collaborer avec des artistes tels que Obongjayar, Rina Sawayama, Joy Crookes, Olivia Dean ou Celeste. De l’autre, Kojo Degraft-Johnson, chanteur à la voix intense et nuancée, forgée dans le gospel des églises du sud de Londres, dans la lignée des grandes figures de la soul comme Sam Cooke et Aretha Franklin. Passé par la scène jam londonienne, il a accompagné vocalement Cleo Sol, Little Simz, Jungle et Liam Gallagher. Deux trajectoires opposées qui se rejoignent sous le nom de MRCY, projet où s’entrelacent soul millésimée, groove afrobeat, élans néo-jazz et textures pop modernes.

Le duo s’est formé à distance, en plein confinement, avant de créer un lien indéfectible en studio à Brixton. De cette alchimie est née une première série de morceaux, réunis dans VOLUME 1, sorti en 2024 sur le prestigieux label Dead Oceans (Khruangbin, Toro Y Moi, Kevin Morby…).

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