Protomartyr sort « Sounds We Cannot Hear », post-punk presque symphonique

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Les vétérans de Protomartyr sont de retour, et ils ne sont pas venus les mains vides. Le quatuor de Détroit vient de balancer « Sounds We Cannot Hear », premier extrait de leur prochain album Hotel Usona, prévu pour le 25 septembre chez Domino. Après Formal Growth in the Desert en 2023, on se demandait un peu dans quel état d’esprit, on allait les retrouver. Réponse : toujours aussi sombres, mais avec un orchestre en plus.

Un post-punk qui s’est trouvé un tailleur

« Presque symphonique », je pèse mes mots. Parce qu’à côté de la formule habituelle guitare-basse-batterie, il y a du monde sur ce morceau : des cuivres, des cordes, et même du xylophone qui vient trotter là où on ne l’attendait pas. C’est classe, c’est puissant, et surtout ça ne sonne jamais comme un gadget posé sur le dessus pour faire genre. On sent que Greg Ahee, le couteau suisse du groupe, s’est fait plaisir en élargissant la palette. Il a d’ailleurs pioché du côté des musiques du Moyen-Orient et de l’exotica des années 50 pour construire l’univers sonore de l’album.

Derrière la console, on retrouve Dave Fridmann, le monsieur qui a bossé avec Sleater-Kinney, MGMT ou encore The Flaming Lips, enregistré dans son antre du nord de l’État de New York, les Tarbox Road Studios. Le résultat : un son plus large, plus texturé, sans jamais renier l’arête coupante qui fait la marque de fabrique du groupe.

Casey scrolle et déprime, comme d’habitude (et on adore ça)

Joe Casey reste égal à lui-même : une voix qui traîne, qui observe, qui juge un peu aussi. Sur ce titre, il s’attaque à la « lente paralysie de la vie moderne », entre défilement infini d’écran et sensation de sombrer sans faire de bruit. Rien de nouveau sous le soleil de Détroit côté thématiques, mais l’habillage musical, lui, a clairement pris du galon.

Le concept de l’album, d’ailleurs, est plutôt malin : Casey imagine l’Amérique comme un hôtel décrépit, où chaque chanson est une chambre hantée par son propre invité encombrant. « Sounds We Cannot Hear » ouvre le bal avec l’engourdissement numérique ; les titres suivants annoncent des sujets tout aussi réjouissants : l’IA, l’expulsion, le patriotisme dévoyé. Une brochure touristique so Protomartyr mais pas sur que je m’y rende pour les vacances.

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