REWIND :  GOO, le cultissime 7ème album de SONIC YOUTH fête ses 32 ans. On le revisite.

Formé à New-York au début des années 80, le groupe, composé de Kim Gordon (basse, chant) et Thurston Moore (guitare, chant), couple mythique dans la galaxie Rock, Lee Ranaldo (guitare, chant) et Steeve Shelley (batterie), aura sorti 17 albums durant sa carrière. SONIC YOUTH a généré des vocations et offert la visibilité nécessaire à des formations qui démarraient et qui ne sont pas les moindres dans la mémoire collective : NIRVANA, PAVEMENT, BECK, MUDHONEY, BLONDE REDHEAD, MOGWAI, DINOSAUR JR et j’en passe.

En 1990, fort de son succès critique et commercial (particulièrement grâce aux trois disques précédents : Evol, Sister et le fabuleux Daydream Nation), SONIC YOUTH sort Goo sur une Major, Geffen, ce qui change naturellement la donne. Généralement, on « rentre » dans l’univers SONIC YOUTH par ce disque, qui est l’un des plus accessibles. Les collaborations en tout genre vont également bon train puisque Chuck D de PUBLIC ENEMY chantera aux côtés de Kim Gordon sur Kool Thing et Jay Mascis, fondateur de DINOSAUR JR, est également présent sur plusieurs titres. Cet album est le virage plus « pop » amorcé par le groupe même si les fondamentaux noise restent. Goo est depuis devenu un classique du Rock alternatif. Il est même partiellement présent avec le titre Titanium Exposé dans la BO du film Pump Up The Volume (avec Christian Slater) qui retrace les débuts des radios indépendantes aux Etats-Unis (un très bon film d’ailleurs que je vous recommande).

L’artwork

La pochette de l’album est signée par Raymond Pettibon, artiste réputé dans les cercles arty/underground new-yorkais et accessoirement, bassiste du groupe Punk Hardcore BLACK FLAG. Il s’inspire d’une photo célèbre de David Smith, que l’on voit à la sortie de son procès pour une série de meurtres. D’où la phrase sur la pochette : « J’ai piqué le mec de ma sœur. Tout n’était que tourbillon, chaleur, et éblouissement. En l’espace d’une semaine, nous avons tué mes parents et foutu le camp. ».

Goo : le disque (presque) parfait

Goo est un subtil concentré de punk, de pop acidulée, d’expérimentations diverses et de bruitages noisy bien conçus et montés. Certes, les fans absolus, comme moi, préfèreront se référer à la trilogie EvolSisterDaydream Nation plus cohérente, davantage brute et sombre mais il faut avouer qu’on ne peut rester insensible face à la qualité indéniable et la grandeur de Goo, à son charme insidieux tout en dissonances, à cette superposition savante de styles qui pourraient a priori s’opposer sur le papier. Mais, au final, le plaisir reste entier à l’écoute des 49 mn et quelques de Goo et de ses 11 titres.

 Dirty Boots ouvre l’album sur une mélodie en arpèges et enquille sur un rythme assez tranquille avant de s’achever de façon explosive. Il donne le ton, un peu comme Teenage Riot sur l’album précédent Daydream Nation.

Tunic (Song For Karen) prend la suite dans une atmosphère plus mélancolique et sombre qui s’étire. C’est une chanson fabuleuse, portée par un mur de son rempli d’effets de réverb et sur lequel se pose la voix éthérée faussement fausse de Kim Gordon.

Mary-Christ réveille tout le monde et se veut plus radicale, plus punk dans l’approche sans oublier les renvois de chant géniaux entre Kim Gordon et Thurston Moore. L’un de mes morceaux préférés de Goo et de SONIC YOUTH.

Kool Thing est le hit single de l’album qui est devenu un classique incontournable du groupe. La mélodie y est accrocheuse, les voix de Kim Gordon et de Chuck D s’enchaînent à merveille. Les breaks sont brillants. Pour sûr, l’un des titres les plus forts de l’album.

Mote est un morceau bicéphale (d’où sa longueur qui dépasse les 7 mn) et également l’un de mes préférés du groupe. La voix de Lee Ranaldo se pose sur un riff des plus entraînants avant de s’achever progressivement dans une cacophonie noise monstrueusement orchestrée.

My Friend Goo se veut un morceau plus léger et sautillant, tout en gardant une approche décapante, qui assure parfaitement la suite et le contre-pied de Mote.

Disappearer nous ramène dans une ambiance mélancolique, tendue, voire cryptique à certains moments un peu comme dans Tunic (Song For Karen).

Mildred Pierce est un instrumental destroy avec une basse tendue comme un slip et des riffs de guitare qui se superposent de façon incroyablement mélodieuse et dissonante. La fin se veut chaotique et animée de cris stridents et hurlements hystériques. L’énergie Punk et Hardcore résumée en 2 mn.

Cinderella’s Big Score est, de mon point de vue, l’un des titres les plus faibles de l’album à part le pont avec cette petite ligne de basse incroyable.

Scooter + Jinx est une expérience bruitiste sans grand intérêt.

Titanium Exposé clôture l’album avec un riff entêtant, une mélodie catchy plutôt calme au démarrage avant la franche accélération en fin de morceau.

Conclusion

Moins contrasté que Daydream Nation (inscrit dans le Top 500 des plus grands albums de tous les temps), Goo n’en demeure pas moins un excellent album et un monument du Rock. A la fois Noisy et commercial, il marqua l’entrée de SONIC YOUTH dans une vague plus mainstream sur laquelle surfa NIRVANA. Goo illustre parfaitement le savant mélange entre la culture Pop et le mouvement alternatif du début des années 90 et c’est l’une des raisons pour laquelle il est la porte d’entrée idéale à la musique et à l’œuvre du groupe.

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