Second Major sort « OVER » : L’ingénierie du chaos post punk

second major

Le trio lyonnais Second Major nous revient et c’est bien. Voici donc le single « OVER », premier jalon étouffant de leur nouvel EP baptisé « MOON » qui sortira le 4 septembre prochain.

« OVER » et l’EP « MOON » : Une architecture post punk sombre et oppressante

Ce que j’aime dans Second Major, c’est la mécanique vocale. D’un coté nous avons une voix masculine habitée, qui porte la narration et installe une mélancolie lourde et de l’autre nous avons la voix féminine, incantatoire. Cette dissonance contrôlée est vraiment très intéressante, ça donne ce petit quelques choses de plus qui fait que ça t’accroche l’oreille et que ça te touche.

Niveau mélodique, l’ambiance est vraiment oppressante, surtout dans les montées avec une grosse tension crée par la basse qui ne fait que monter vers une seconde partie de morceau que j’adore. On est dans un post punk sombre, qui n’est pas la pour rigoler. Nous sommes dans un moment ou je cite : « La nuit et le désordre sont le nouveau cadre qui permettra l’épanouissement des malmenés. »Ils ont cités Batman comme référence et oui, je confirme il y a un lien.

Second Major nous envoie dans un monde post apocalyptique et on plonge les deux pieds dedans.

Le post-punk et l’imaginaire post-apocalyptique partagent une même toile de fond : la fin de quelque chose et la question de ce qui reste debout dans les ruines. Musicalement, cette esthétique s’entend tout de suite,  les guitares métalliques et distantes, les basses qui avancent comme seules survivantes dans un mix évidé, les productions froides, en écho, comme enregistrées dans un hangar désaffecté ou un parking souterrain. Ce n’est pas un hasard si le genre explose juste après 76-77, quand l’énergie insurrectionnelle du punk s’est consumée d’un coup et qu’il ne reste que le paysage calciné : chômage de masse, béton des tours HLM anglaises, menace nucléaire de la Guerre froide en toile de fond permanente. Des groupes comme Joy Division ou plus tard Fields of the Nephilim ne chantent pas la révolte, ils chantent l’après, cette lucidité grise de ceux qui marchent dans un monde déjà cassé et qui doivent réapprendre à vivre avec les décombres. Le post-punk, au fond, c’est la bande-son de ce moment où l’utopie a échoué et où il faut quand même continuer à avancer, sans illusion mais sans se coucher non plus,  exactement la posture du survivant dans n’importe quelle fiction post-apo qui se respecte.

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