Oubliez les bandes-son orchestrales de John Williams, les cuivres majestueux et les dialogues solennels sur la Force. En cette année 2012, Internet offre un visage bien plus absurde et désordonné. Alors que la culture Web explose à coups de détournements, d’absurde et de mèmes DIY, le vidéaste Brock Baker frappe un grand coup avec ses Brock’s Dubs – et plus particulièrement sa relecture complètement barrée de Star Wars.
Le principe : L’improvisation brute contre le mythe
Le concept est d’une simplicité désarmante, mais d’une efficacité redoutable : prendre les séquences cultes d’un monument du cinéma, couper le son original et tout doubler soi-même en une seule prise d’improvisation.
Pas de script raffiné, pas d’autotune, pas de mixage léché. Brock Baker utilise son outil principal – un caméléon vocal capable d’enchaîner bruitages buccaux, voix suraiguës et répliques débiles – pour transformer la guerre des étoiles en un véritable opéra du grotesque.
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L’absurde comme signature : Les vaisseaux spatiaux ne font plus de bruits de moteurs futuristes, mais des bruitages faits à la bouche.
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Les dialogues au hachoir : Luke, Vador et Obi-Wan deviennent des personnages d’une stupidité rafraîchissante, balançant des répliques sur des fast-foods spatiaux, des bruits de pet ou des histoires de frites.
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Un rythme effréné : Pas le temps de respirer, le doublage s’enchaîne à 200 à l’heure, ne laissant aucun répit à l’image.
Pourquoi ça marche (et pourquoi c’est authentique)
Dans un paysage numérique où le contenu commence doucement à se formatiser, la démarche de Brock Baker possède une énergie punk incontrôlable. C’est l’essence même du détournement DIY : décapiter une icône de la pop-culture pour la réinjecter d’humour potache et de rythme pur.
Derrière le grand n’importe quoi (« Space Arby’s », les monologues sur les farts de Yoda ou les références improbables), il y a un sens du timing comique imparable. La voix devient un instrument à part entière, poussé dans ses retranchements, haché par les coupes et les effets d’accélération.
Le Verdict
Ce Brock’s Dub n’a rien d’un chef-d’œuvre académique, et c’est exactement pour ça qu’il est indispensable. C’est un concentré de ce que l’Internet de 2012 sait faire de mieux : du détournement sans filtre, du rythme brut, et un irrespect total pour les vaches sacrées d’Hollywood. Un plaisir coupable, bruyant et résolument authentique.
http://www.youtube.com/mcgoiter



