Street Lamp ou l’art de faire saigner les amplis
J’ai découvert Street Lamp par accident. Comme on trébuche dans une ruelle mal éclairée, avec la gueule de bois et trop d’espoirs cramés. Le nom m’a plu, les guitares m’ont collé une baffe. Et puis cette voix, bordel. Une voix qui pourrait faire rouiller des chaînes ou briser des verres en plastique. Une voix qui dit : je chante parce que sinon je hurle et je vous dis des gros mots.
Le groupe vient du West Side de San Antonio, un coin où il fait chaud, où les routes fondent, et où la musique rock ne demande pas la permission. Leur EP Guillotine est sorti en mai 2025, et tu ferais bien de l’écouter avant qu’il ne te passe sous le nez comme une conversation qu’on regrette de ne pas avoir eue.
Guillotine, ou comment rater un enregistrement et réussir un disque
L’EP a été enregistré sur un vieux boombox. Oui, tu as bien lu. Pas de plug-in, pas d’ingénieur du son en chemise noire, pas de reverb à 300 balles la seconde. Juste un enregistreur vintage, une pièce pleine d’ondes chaotiques, et une bande magnétique qui grince.
Et ça marche. Guillotine sonne comme une tempête qui traverse une salle des fêtes. Il y a des imperfections partout. Et c’est ça qui le rend vivant. Tu entends le groupe respirer. Tu entends les craquements, les dérapages, les envies de tout envoyer valser.