Forty Feet Tall sort « Paystub », le capitalisme en sueur et en décibels

Tu bosses dur ? T’es pauvre. Merci, au revoir.

Le dernier single de Forty Feet Tall, Paystub, c’est un doigt d’honneur dressé au-dessus d’une fiche de paie trop légère. Un cri rock d’une génération qui bosse non-stop pour s’offrir… un ticket restau. Le genre de morceau qui commence sur un quatre-pattes nerveux, la rythmique qui cavale comme si elle avait trois jobs, pendant que le chanteur aboie des couplets avec la rage d’un type qui vient de voir sa prime annulée par mail.

On pense à IDLES ( comme tous en fait), à Metz, à cette école du riff tendu et de la colère précise, qui ne gueule pas pour rien mais qui gueule quand même, parce que ça fait du bien. Et parce qu’on a plus grand-chose d’autre.

“Price point, output, big graph, now what ?”

Le refrain de Paystub s’élargit, s’ouvre, comme une prise d’air avant de replonger dans la fosse. Le pré-chœur, lui, tourne en rond comme un stagiaire dans une startup : « price point, output, big graph, now what ? »
C’est grotesque et vrai. On rigole jaune. On pense à tous ces coachs LinkedIn qui veulent nous faire croire que « gagner des millions est un état d’esprit ». Cole, le chanteur, incarne ce mythomane du hustle, ce bro de la “grind culture” convaincu qu’il peut « upgrader sa vie » avec un tableau Trello et un supplément protéines. Spoiler alerte: il peut pas.

Forty Feet Tall n’en est pas à son coup d’essai. Ils viennent de Portland (PNW represent), et leur rock est nerveux, puissant, accrocheur et bordélique juste ce qu’il faut. Leur EP arrive cet été.

Ils ont déjà ouvert pour Shame, Frankie and the Witch Fingers et Wine Lips, mais c’est cette année qu’ils comptent tout cramer. Et bonne nouvelle : ils débarquent en Europe en septembre, avec un concert au Supersonic (Paris) le 3 octobre.

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