System of a down au stade de France, évidemment c’était bien

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Rallier la capitale depuis Niort un jeudi après-midi relève déjà du parcours du combattant, alors autant vous avouer tout de suite notre immense regret : le périph’ parisien a eu la peau de ma ponctualité, et j’ai totalement loupé la prestation d’Acid Bath. Que le groupe de Louisiane me pardonne, la province est loin, mais la déception est réelle tant leur sludge poisseux aurait eu de la gueule dans l’arène de Saint-Denis.

Quand je pose enfin les pieds dans l’enceinte mythique du Stade de France, ce sont les mastodontes de Queens of the Stone Age qui s’installent pour ouvrir les hostilités. Autant jouer cartes sur table, ce set me laisse un arrière-goût franchement mitigé. Le feeling global était là, Josh Homme garde son charisme d’indien du désert, mais techniquement, le son manquait cruellement de précision. C’était loin d’être aussi carré que leurs productions habituelles en studio. Alors oui, la fosse s’est réveillée et a sérieusement bougé sur leurs morceaux phares, mais c’était pas ça. Comme Rambo en son temps, ce soir, ce n’était tout simplement pas leur guerre (c’est une ref de vieux ça).

Heureusement, le public du Stade de France a de la ressource et sait s’occuper pendant les intermèdes. L’ambiance a pris une tournure délicieusement absurde lorsqu’un mec intégralement déguisé en Charlie est apparu au milieu de la fosse. Profitant d’un classique de Pantera balancé par les enceintes pour faire patienter la foule, notre Charlie national a lancé un clapping improvisé. Le moment était totalement fun, surréaliste, et a parfaitement chauffé le public avant le plat de résistance.

Puis, les lumières se sont éteintes à nouveau, et l’ouragan System of a Down a débarqué sur scène. À partir de cette seconde précise, le stade a basculé dans une pure folie furieuse.

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SOAD a livré une masterclass absolue d’une générosité rare : deux heures d’un set compact, sans rappel, pour enquiller pas moins de 28 titres piochés dans ce qu’ils ont de meilleur. Les Arméniens de Californie ont fait hurler les nostalgiques en ressuscitant une tonne de morceaux de leur premier album éponyme, incluant l’implacable Suite-Pee et le culte Sugar. Le reste de la setlist s’est avéré être un rouleau compresseur alternant les brûlots de Toxicity et les pépites sous-estimées de Steal This Album!.

Au milieu de cette tempête de metal, le groupe s’est fendu d’un moment d’un moment choupy trognon. C’était l’anniversaire de la fille du batteur John Dolmayan. Le quatuor a posé les armes le temps d’une courte pause pour lui souhaiter un bon anniversaire, entraînant les 80 000 spectateurs dans un « Happy Birthday » collectif assez mignon pour trancher radicalement avec la violence des morceaux. En première ligne, Serj Tankian a traversé le concert en mode daron absolu, serein, et totalement sûr de sa force.

Dans les gradins et sur la pelouse, le public a répondu à l’unisson. La fosse s’est transformée en un champ de bataille amical, constellée de circle pits géants et de véritables tourbillons de pogos ininterrompus. Contre toute attente pour un stade de ce calibre, le son était d’une propreté impeccable depuis notre placement, une excellente surprise qui a permis de savourer chaque riff de Daron Malakian. Cerise sur le gâteau de l’ambiance, notre Charlie de la fosse a récidivé en relançant un clapping, et cette fois, c’est la quasi-totalité du stade qui a suivi le mouvement dans une communion impressionnante. En fin de set, Dolmayan a littéralement arrosé le public en balançant au moins cinquante baguettes dans la foule en délire.

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Si l’on devait pinailler et trouver un seul bémol à cette grand-messe, il est purement logistique et lié à l’horaire d’été. En début de concert, alors qu’il faisait encore grand jour sous le ciel de Saint-Denis, les effets scéniques et les jeux de lumières perdaient forcément de leur superbe. Mais face à une telle décharge d’énergie brute et un show aussi propre, ce n’est qu’un détail. System of a Down a prouvé qu’ils restaient les patrons incontestables du genre.

Et vous les petits indiens, vous étiez dans quel virage du Stade de France pour ce concert ?

ps : les photos sont de Clemente Ruiz et fourni par Live Nation. Merci à eux pour l’invitation et bravo à lui pour le taf

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