Je viens de finir la première saison de Talamasca: The Secret Order, l’adaptation des romans d’Anne Rice, et franchement : c’est pas mal du tout. Je ne suis pas tombé de ma chaise non plus, comme souvent avec Netflix, mais j’ai passé un bon moment dans ce mélange d’espionnage et de paranormal où personne n’est vraiment ce qu’il prétend être.
Parce que s’il y a bien un truc fidèle à Anne Rice, c’est ça : la morale grise, le doute permanent, les “gentils” qui ne sont jamais totalement innocents. La Talamasca avait déjà cette aura ambiguë dans les bouquins, un ordre de “protecteurs” qui ressemblent autant à des archivistes mystiques qu’à une sorte de CIA occulte à la loyauté flexible. La série garde cette vibration-là : une organisation qui dit servir le bien, mais qui ne le fait sans doute pas vraiment et dont les méthodes sont bien plus que discutable. Plus largement ça pose la question du « faire le bien » en mettant cette définition du bien aux mains d’une ou deux personnes. Le pouvoir corrompt toujours semble t-il. Enfin, on est pas la pour parler philosophie.
La formule fonctionne donc plutôt bien. C’est un thriller occulte, avec ses conspirations, ses artefacts, ses secrets millénaires et ses agents qui éliminent autant qu’ils protègent. On n’est pas sur le choc esthétique ou narratif du siècle, mais ça déroule proprement et ça pose assez d’énigmes pour donner envie de binge le tout.
Le pitch : L’Ordre de Talamasca est une société secrète chargée de traquer et contenir les sorcières, vampires, loups-garous (tu n’en verras pas) et autres créatures surnaturelles disséminées à travers le monde. Guy Anatole, avocat et accessoirement télépathe découvre l’existence de cette mystérieuse organisation et commence à travailler pour elle.
Et puis il y a le casting.
Elizabeth McGovern et William Fichtner, c’est du velours. McGovern a cette présence calme et implacable, parfaite pour incarner une figure d’autorité dont tu n’arrives jamais à savoir si elle te protège ou t’enferme dans un labyrinthe. Fichtner, lui, pourrait lire une fiche d’impôts en incarnant quand même un patriarche inquiétant. Les deux ajoutent une élégance discrète qui élève la série au-dessus du tout-venant.
Bref : une bonne première saison, pas révolutionnaire mais solide, avec un univers riche et des personnages suffisamment troubles pour qu’on s’y accroche. Talamasca: The Secret Order joue dans la cour du “paranormal corporate” avec un style qui ne trahit pas Anne Rice, ca mérite le coup d’oeil un dimanche aprem sous le plaid.

