Dans le bouillonnement de la scène électronique londonienne, Tracey débarque avec une proposition rare et envoûtante. Signé·e sur le label défricheur AD 93, le collectif livre un premier projet aussi insaisissable que captivant : « tracey ep », disponible depuis le 16 mai 2025. Au cœur de ce trip sonore : « Sweet », un single aussi vénéneux que sensuel.
« Sweet » : un R&B spectral qui dérive dans les limbes électroniques
Tout commence par des nappes qui suintent, une ligne de basse sourde, puis cette voix — presque murmurée, comme un secret trop lourd pour être crié. « Sweet » déconstruit les codes du R&B pour les injecter dans un bain de textures électroniques troubles à la Bjork. Une caresse au goût de vertige. On pense à Burial, ou aux balades digitales de FKA Twigs, mais Tracey impose déjà son propre spectre. En bonus, j’adore la voix féminine, elle te touche en plein coeurs.
Un EP sous tension, entre douceur glitchée et sueur nocturne
Sur les quatre titres de « tracey ep », le collectif joue avec les contrastes : rythmes claustros et élans mélodiques, beats distordus et chuchotements érotiques, le tout baignant dans une ambiance post-club poisseuse. C’est moody, c’est presque mystique. L’EP évoque les lendemains d’extase où l’on cherche encore des repères dans la brume des néons.
Les influences, elles, sont volontairement hybrides : du dubstep early 2000s (Skream), de la pop glossy (Kylie Minogue), du chaos électro à la Crystal Castles. Un collage, oui, mais jamais pastiche.