Work Drugs, c’est le duo de Philadelphie — Thomas Crystal et Benjamin Louisiana — qui a eu l’idée pas dégueulasse de baptiser leur came sonore « smooth-fi ». Leur nom, ils le doivent à un pote, Eduardo S., balancé en pleine session de voile dans la Baja mexicaine. Ça pose déjà l’ambiance : ces mecs-là composent en bateau, pas en cave humide.
Et justement, pour Aurora Lies, leur premier vrai disque sorti le 7 novembre 2011 chez Bobby Cahn Records, ils sont allés au bout du délire : direction le Cap Horn, en descendant la « route panoramique » des Keys jusqu’à la Baja. Sauf que la mer, elle, n’avait pas lu le communiqué de presse. Leur bateau — baptisé le S.S. Flying Zambo, excusez du peu — se prend une tempête et doit se planquer plusieurs jours dans le passage de Drake. Résultat : coincés, un peu vaseux, un peu bourrés de vin chilien pour tuer le mal du pays, ils écrivent les chansons de l’album. Voilà, t’as l’histoire, et elle est vraie.
« Flying Zambo » ouvre le bal — logique, vu que c’est le nom du rafiot qui leur a valu la disc entière. Le titre sort en single et en téléchargement gratuit le jour de la sortie de l’album, accompagné d’un clip bricolé à partir d’images empruntées (avec autorisation) au film « A Day in California » de Ryan Killackey. Ça sent le DIY assumé, le côté artisanal qui va bien avec les neuf titres de l’album — tirage limité à 50 exemplaires faits main, s’il vous plaît.
Musicalement, « Flying Zambo » a ce truc de synthé qui flotte, cette pop-électro qui ne cherche jamais à te secouer mais qui s’installe et reste. Pas de grosse claque, pas de rupture de rythme qui te réveille en sursaut — c’est fait pour dériver, littéralement, comme le bateau qui a donné son nom au morceau.



