Mes hymnes ultimes : la bande-son de mes étés (et de mes crises de nerfs)

Pendant tout l’été, j’ai décidé de balancer les scrupules aux orties et de vous ouvrir directement mon dictionnaire des obsessions. Pas de hype éphémère ici, juste les titres dont je ne me lasse jamais. Ces morceaux qu’on fredonne machinalement au réveil, ceux qu’on hurle à s’en péter les cordes vocales seul au volant sur l’autoroute, sous une douche trop chaude, au bureau pour couvrir le bruit de l’open-space, ou en pleine rue la tête dans le brouillard. Bref, voici mes indispensables. Un concentré de pépites d’une cohérence douteuse, balancé dans le chaos et le désordre le plus total.

 

Alain Bashung — « La nuit je mens » : la cathédrale de la chanson française

On commence au sommet, là où la poésie française a touché le sublime. « La nuit je mens », c’est une météo intérieure à elle toute seule. La basse envoutante, cette batterie lourde et la voix rauque, habitée d’un Bashung au sommet de son art : chaque phrase de Jean- Fauque est un coup de poignard élégant. C’est le genre de morceau majestueux qui stoppe le temps net, peu importe ce que tu étais en train de faire. Du pur chef-d’œuvre.

The Avalanches — « Frontier Psychiatrist » : le chef-d’œuvre du sample foutraque

Virage à 180 degrés. Si tu cherches la définition exacte du génie bordélique, elle tient dans ces trois minutes et demie. Les Australiens de The Avalanches ont braqué des milliers de vinyles de seconde main pour accoucher de cet ovni hip-hop/cut-up. Entre les répliques de vieux films de psychiatrie, les violons kitsch et ce beat qui tourne comme une horloge sous acide, le morceau est un joyeux bras d’honneur à la normalité. Et le clip ? Complètement barré, théâtral et culte.

Flobots — « Handlebars » : du hip-hop alt-rock sous haute tension

On reste dans le détournement de genres avec les Américains de Flobots. « Handlebars », c’est la montée en puissance parfaite : ça démarre comme une comptine faussement innocente sur un gamin qui apprend à rouler à vélo sans les mains, et ça termine en décharge d’adrénaline cuivrée sur les dérives du pouvoir et du complexe militaro-industriel. Le violoncelle et la trompette apportent cette couleur organique unique à ce titre hip-hop alternatif qui prend aux tripes et ne te lâche plus.

Arno — « Les yeux de ma mère » : la claque poignante du rockeur de Ostende

On termine les larmes au bord des yeux et le cœur en miettes avec le plus grand des poètes cabossés. Personne d’autre qu’Arno ne pouvait chanter la tendresse avec autant de rocardise, de pudeur et de fracas. Accompagné de cet orgue mélancolique, le Belge livre une déclaration d’amour d’une sincérité brute, portée par sa voix éraillée par la clope et la vie. Ça fait frissonner à chaque coup, ça émeut sans jamais en faire trop. Grand seigneur.

 

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4 réflexions sur “Mes hymnes ultimes : la bande-son de mes étés (et de mes crises de nerfs)”

  1. Je n’avais jamais vu le clip de flobots avant aujourd’hui, c’est une chanson que j’adore et que je déteste, qui me rappelle une rupture douloureuse, ça fait du bien de le ré écouter avec un peu de recul, sa exorcise le truc.

    et puis Bashung quoi, juste parfait !

  2. Ping : Check ta playlist #4 « Anotherwhiskyformisterbukowski

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