Diggs Duke – Patiently, We Bloom

Diggs Duke : L’électron libre du Jazz et de la Soul moderne

Si vous aimez la soupe mainstream formatée pour les algorithmes, passez votre chemin. Diggs Duke (de son vrai nom Matthew « Diggs » Duke) est le secret le mieux gardé des diggers de vinyles et des puristes de la soul progressive. Multi-instrumentiste (principalement saxophoniste et claviériste), chanteur, compositeur et arrangeur, ce natif de Gary dans l’Indiana incarne l’essence même de l’artiste DIY (Do It Yourself) : insaisissable, intègre et farouchement indépendant.
L’ADN musical : Entre héritage et dynamitage des codes

Diggs Duke ne fait pas de la musique pour plaire, il fait de la musique pour raconter. Son style est un carrefour hautement inflammable où se croisent :

  • Le jazz spirituel des années 70.
  • La soul brute, non polie par les compresseurs des grands studios.
  • Des structures rythmiques complexes, presque de la musique de chambre, mais portées par un groove profondément afro-américain.

Il s’est fait remarquer au début des années 2010 avec une série d’EPs auto-produits qui ont secoué l’underground, notamment Massive & Impossible et Gravity.
Le tournant Gilles Peterson et Brownswood Recordings

Le grand public des initiés l’a véritablement découvert en 2013 lorsque le dénicheur de talents Gilles Peterson l’a signé sur son prestigieux label londonien, Brownswood Recordings. C’est là qu’est sorti l’album phare : Offerings For Anxious, Short-Tempered Soul Music Lovers.

Le titre dit tout. C’est de la musique pour les âmes impatientes et anxieuses. Loin des formats couplet/refrain classiques, Duke y livre des morceaux courts, denses, parfois abrupts, mais d’une richesse harmonique rare. Il y fait tout lui-même ou presque, imposant une vision artistique sans compromis.
Pourquoi il est un artiste authentique (et pourquoi on l’aime)

Dans une industrie qui exige des artistes qu’ils soient des influenceurs à plein temps, Diggs Duke a choisi la discrétion, voire l’effacement. Il apparaît et disparaît des plateformes au gré de ses envies, publiant parfois des projets expérimentaux directement sur son Bandcamp avant de les retirer.

Sa voix n’est pas celle d’un crooner de télé-crochet ; elle est imparfaite, habitée, texturée. Ses arrangements de cuivres sont dissonants juste ce qu’il faut pour vous sortir de votre zone de confort. Duke traite l’auditeur comme quelqu’un d’intelligent.

Le verdict de la rédac’ :
Diggs Duke est la preuve vivante que la soul et le jazz n’ont pas besoin d’être coincés dans un musée ou lissés pour les playlists de fin de soirée. C’est brut, c’est cérébral, et c’est indispensable pour quiconque prétend aimer la vraie musique noire américaine contemporaine.

Par quoi commencer ? Foncez écouter le titre « Something In My Eye » ou l’album Offerings For Anxious…. C’est le point d’entrée parfait dans son univers labyrinthique.

jazz crèmeux à écouter sans se lasser.

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