Troisième extrait de leur album à venir Frog in Boiling Water, « Return of Young » est peut-être le titre le plus dérangeant que DIIV ait pondu depuis bien longtemps. Pas dans le sens gore ou crade du terme. Plutôt dérangeant comme une sensation qui gratte le fond du crâne. Comme quand ça te gratte la gorge et que tu sais pas pourquoi.
« Return of Young ». C’est froid, c’est beau, c’est un peu cassé. Comme nous tous, non ?
La basse est obsédante, métronomique, presque punitive. Elle tourne sans fin comme un vieux vinyle rayé, pendant que les guitares – brumeuses, presque liquides – enveloppent tout de leur nappe d’indifférence spleenesque. Et là-dessus, Zachary Cole Smith susurre des mots qu’on distingue à peine, comme s’il chantait depuis une pièce voisine, la porte à moitié fermée. T’as envie d’augmenter le son, mais même à fond, ça reste insaisissable. On dirait les souvenirs d’une soirée perdue dans l’alcool.
DIIV continue donc de creuser le sillon d’un post-shoegaze désabusé, à mi-chemin entre le spleen new-yorkais et la léthargie du mal du siècle. Oui on parle de santé mental michel.
Et le clip ? Un rêve éveillé réalisé par Madi Nolan, où l’on suit une présence invisible à travers des scènes d’un quotidien étouffé. De la lumière pâle, des visages flous, une ambiance d’après-midi sans fin. On est entre le journal intime d’un ado silencieux et un film de David Lynch tourné en VHS.
Frog in Boiling Water sort le 24 mai. Prépare-toi, on n’en sortira pas indemnes.