Après s’être penché sur les deux premiers épisodes, le verdict ne fait que se confirmer : Dragon Ball Super souffre du pire maux de l’industrie culturelle moderne. Ce n’est pas une création originale portée par la hargne ou la nécessité artistique. C’est un cover band.
Un groupe de reprises, plutôt bon technicien, qui monte sur scène pour rejouer les tubes d’un géant des années 90, mais sans jamais réussir à en capturer l’âme, la crasse et l’électricité.
Jouer les notes sans connaître la partition
Dans la musique comme dans la日本 animation, il y a une différence fondamentale entre composer et imiter.
Quand Shunsuke Kikuchi composait pour Dragon Ball Z, chaque note de cuivre et chaque coup de percussion traduisaient une urgence dramatique. C’était brut, organique, presque punk dans l’intention. Aujourd’hui, la production sonore et visuelle de Dragon Ball Super ressemble à un album studio trop nettoyé, repassé au filtre Auto-Tune et lissé pour ne brusquer personne.
- On retrouve les mêmes ingrédients en apparence :
- Des transformations calibrées pour le fan-service.
- Des méchants qui rappellent étrangement les figures du passé.
- Une nostalgie exploitée jusqu’à la corde.
Mais le résultat manque cruellement de relief. C’est l’équivalent d’un groupe du dimanche qui joue Smells Like Teen Spirit dans un mariage : les notes sont là, mais la rage a disparu.
Le piège de la nostalgie sous perfusion
Pourquoi les groupes de reprises finissent-ils par lasser ? Parce qu’ils vivent dans le passé des autres.
En reprenant la main sur la franchise des années après la fin de DBZ, la production a choisi la facilité comptable plutôt que le risque artistique. Au lieu d’injecter une vraie vision — comme pouvait le faire une bande originale d’anime audacieuse ou un projet musical d’avant-garde —, DBS déroule une formule réchauffée.
Le son est plat, les thèmes de synthétiseur sonnent comme des banques d’échantillons libres de droits, et le rythme s’étire artificiellement pour remplir du temps d’antenne.
Remplacer l’authenticité par le marketing
L’authenticité ne se simule pas. Un groupe qui monte sur scène pour faire du chiffre en jouant sur la fibre nostalgique des quadragénaires finit toujours par se faire démasquer par les puristes.
Dragon Ball Super fait exactement la même chose. En cherchant à plaire à la fois aux nostalgiques du Club Dorothée et à une nouvelle génération nourrie aux contenus rapides, la série perd son identité. Elle devient un produit dérivé de sa propre légende.
Si vous cherchez la hargne, l’impact visuel et la puissance sonore qui ont fait l’histoire de cette œuvre, retournez aux originaux. Les groupes de tribut, ça va cinq minutes, mais rien ne remplacera jamais l’énergie du premier pressage.



