Pourquoi la B.O. de Dragon Ball Super ne sera jamais à la hauteur de DBZ

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L’univers des bandes originales d’animes est impitoyable. Quand une franchise vieille de plusieurs décennies revient à l’écran, le public n’attend pas seulement des graphismes remis au goût du jour : il attend des thèmes musicaux capables de flanquer la frisson ultime. C’est précisément là que le tir a été raté lors du lancement de Dragon Ball Super.

En revenant sur les premières compositions du show — notamment sur les premiers épisodes qui posaient le cadre sonore —, le constat est sans appel : remplacer le titan Shunsuke Kikuchi n’était pas seulement un défi, c’était un piège.

Analyse d’un rendez-vous manqué entre nostalgie, contraintes de production modernes et orchestration sans relief.

L’ombre gigantesque de Shunsuke Kikuchi

Pour comprendre ce qui cloche dans l’ambiance sonore de Dragon Ball Super, il faut mesurer ce que Shunsuke Kikuchi avait accompli sur Dragon Ball et Dragon Ball Z.

Kikuchi n’a pas juste écrit des musiques de fond ; il a forgé l’identité dramatique du manga d’Akira Toriyama. Ses compositions reposaient sur des structures classiques très précises :



  • Des cuivres agressifs et martiaux pour symboliser la menace (le thème de Freezer, la tension de l’arc Saiyan).

  • Des percussions lourdes pour accentuer l’urgence des combats.

  • Des thèmes orchestraux amples pour instaurer une dimension mythologique.

Chaque transformation, chaque défaite, chaque montée de puissance avait son empreinte auditive propre. Dans les années 80 et 90, la musique racontait l’histoire autant que le dessin.

Norihito Sumitomo : Le piège de la musique d’illustration

Quand la Toei Animation confie la bande originale de Dragon Ball Super à Norihito Sumitomo, le cahier des charges a changé. La production télévisuelle moderne n’aborde plus le son de la même manière.

Là où Kikuchi composait des morceaux autonomes d’une puissance brute, le travail sur DBS souffre de plusieurs défauts majeurs :

  1. La surutilisation des synthétiseurs génériques : Les envolées de cuivres organiques ont laissé la place à des banques de sons numériques froides, lisses et sans texture.

  2. L’absence de leitmotivs marquants : En dehors de rares thèmes émergents plus tard dans la série, les premiers arcs oscillent entre une pop-orchestrale générique et des morceaux « comiques » particulièrement plats.

  3. Le manque de tension dramatique : Les phases de repos ou d’exposition sonore manquent de gravité. Tout paraît léger, aseptisé, calibré pour un public du dimanche matin plutôt que pour les amateurs de récits épiques.

 

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