HEARTSREVOLUTION – RIDE OR DIE

Alors already, le nom du groupe, on va le corriger tout de suite : c’est Heartsrevolution, pas Heartrevolution, un seul mot, zéro espace pour laisser respirer le concept. Et le concept, justement, c’est un duo made in USA — Leyla Safai (Los Angeles) et Ben Pollock (Détroit), rencontrés en bossant à la réception du Standard Hotel, parce qu’apparemment tous les bons groupes naissent dans des jobs alimentaires improbables.

Ça fait un bail qu’ils traînent dans le coin en fait. Un premier single choc dès 2007-2008 avec « Ultraviolence » chez Kitsuné, puis « Choose Your Own Adventure » en EP — et depuis, silence radio ou presque, le genre de groupe qu’on croit avoir perdu en route. Sauf que non : ils étaient juste en train de construire, au sens littéral, un camion à glaces intégralement recouvert de cristaux Swarovski. Priorités.

Résultat de cette longue gestation : Ride or Die, premier album, sorti mi-avril chez Kitsuné, quatorze titres qui ne cherchent pas franchement la retenue. Le titre éponyme donne le ton dès les premières secondes — un peu de girl punk mal peigné, une louche de M.I.A. period, et un fond de lo fi grunge qui gratte juste ce qu’il faut. Le genre de morceau qui te réveille plus efficacement qu’un café tiède un lundi après-midi.

Le pitch officiel du groupe, c’est bubble-gum pop d’un côté, ferocité Riot Grrrl de l’autre, avec cette idée un peu casse-gueule de faire cohabiter innocence enfantine et esprit révolutionnaire sur le même disque. NME les a même désignés comme « le modèle du groupe pop moderne » — une phrase qui sonne comme un compliment jusqu’à ce qu’on se demande ce que ça veut dire exactement. Sur le papier ça pourrait vite tourner au grand écart foireux ; à l’écoute, ça tient plutôt bien la route, porté par cette énergie DIY punk qu’ils revendiquent depuis le début.

Et pour les collectionneurs compulsifs : le CD arrive avec un vrai crayon Crayola rose glissé dans le boîtier, et le vinyle existe en version transparente ou en pochette flockée velours rose limitée. Parce qu’en 2014, un album ça se possède encore, pas juste ça s’écoute.

Bref, encore un truc qu’on vous doit de vous faire découvrir avant que ça devienne « le truc que tout le monde connaissait déjà ». Le podcast creuse tout ça plus en profondeur — direction Radio Gatine si t’as l’énergie révolutionnaire du lundi.

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