Basé entre Nantes et Rennes. Le quintet Basic Partner a sorti au printemps 2025 un des meilleurs disques de post punk.
Retour sur cette année folle avec Sacha le guitariste du groupe.
// « New Decade » est sorti au printemps 2025.
Avec le recul de l’année comment vous voyez le parcours du disque et quels sont vos retours ?
Sacha: On est très content d’avoir pu sortir ce disque. Ce qui est chouette c’est qu’on a pu le sortir dans de supers conditions.
Nous avons fait les « Trans’musicales » en 2024 juste après une session KEXP.
Tout est tombé au bon moment pour la sortie du disque.
L’album a été écouté par pas mal de gens même à l’étranger.
L’album compte 9 titres qui sont tous sur la setlist live.
La vie est belle pour « New Decade« .
// L’album est sorti en Avril, qu’est ce que tu retiens de cette année 2025 ?
Sacha: On est parti à l’autre bout du monde pour jouer. En Chine plus exactement.
Une session KEXP, Une tournée en Espagne et au Portugal.
Nous avons maintenant un tourneur et un super accompagnement de la part de notre label « A tant rêver du roi« . C’est une très belle année pour les gens de l’équipe. Coté presse aussi c’est top.
// Les Trans et KEXP ont ils accélérés les choses pour vous ?
Sacha: Quand on est passé aux Trans, l’album était déjà prêt, mixé tout ça.
On a juste sorti un premier single à ce moment-là. Il y avait des pros qui étaient là. On a trouvé des dates. Il y a eu cet effet boule de neige c’était top.
// Comment vous avez abordé le disque ?
Sacha: On a fait ça en plusieurs sessions. De la compo sur plusieurs lieux. Il y a un local en campagne de Nantes qui s’appelle « Le Terrier », tu retrouves des groupes comme Mad Foxes, Tickles… qui bossent là bas. C’est une sorte de collectif. Ça a commencé à graviter autour de ce lieu. Les Transmuciales c’était la dead line. Un joli coup de pression.
Avoir de la matière pour le festival.
// Je vous ai vu à Troyes en Novembre dernier pour le festival « Nos rêves font du bruit ».
Bravo pour cette belle gifle rock. J’ai ressenti un engagement politique fort dans votre musique.
Est ce que ça influence le groupe dans vos compositions et autres ?
Sacha: Ça influence aussi comment on se comporte vis a vis des autres groupes, des organisations.J’ai l’impression que c’est un tout. Comment on en parle lorsqu’on est sur scène, dans la sphère privée. Au-delà d’être un groupe qui en parle, qui a la chance de monter sur scène, à coté à notre échelle on essaye de sensibiliser les gens autour de nous, nos familles, les gens qu’on rencontre… Au niveau des thèmes que Clément abordent ça se répercute forcément. Pour « New Decade« , il parle de la « fachisation » du Monde et de la France sous toutes ses formes. Ça nous parait évident d’utiliser la scène pour en parler.
// « New Decade » a été financé en partie via Ulule qui est une campagne de financement participatif. Est ce que faire de la musique aujourd’hui c’est un acte politique ?
Sacha: Je pense que oui. Il y a eu pas mal de subventions retirées ou baissées récemment.
Pas mal de lieux culturels à Nantes ont été fermés avec du licenciement…
Nous n’avions pas les fonds pour faire le disque. Mais l’esprit de la communauté c’est quelque chose de fort. Les personnes ont acheté le disque avant même qu’il soit sorti.
Il y a un coté révolutionnaire en faisant de la musique indé.
// Vous êtes un groupe formé par plusieurs groupes différents. Anton vient de Tickles, Marius a joué dans Clavicule, d’autres jouent dans Mad Foxes.
Est ce que ça a enrichi le projet ?
Sacha: Clairement oui ! Les programmateurs voient d’où est ce que l’on vient, de groupes différents. Ils nous ont fait confiance. L’idée n’était quand même pas de faire du copier-coller des groupes dans lesquels on a joué. On était dans les pas de nos grands frères et soeurs. (Rires).
// Il y a une belle scène dans le post punk en France depuis quelques années.
Dans votre son il y a un esprit un peu cold wave, un son un peu métissé.
Le coté glacial, en tension c’est quelque chose qui vous parle ?
Sacha: Oui bien sur. On pourrait citer les Cure, Les Smiths, tout à l’heure j’écoutais du Nine Inch Nails que je ne connaissais pas bien. En fait dans leur musique il y a pleins d’influences diverses qui nous parlent. A la base on faisait une sorte de garage, post punk plutôt positif. On a digéré pas mal de cold wave donc merci pour la ref’. On écoute aussi nos contemporains, Fontaines D.C., Chalk, chest.
C’était d’ailleurs un plaisir de jouer avec eux à Troyes.
// L’importance de l’image et du cinéma c’est quelque chose important pour vous. La façon de produire vos clips. Le coté un peu granuleux, un peu VHS.
C’est quelque chose que vous aimerez développer encore plus ?
Sacha: C’est très important pour nous.
On travaille avec Marine Bouteiller qui est notre graphiste / DA / meilleure pote (Rires).
Elle est photographe sur beaucoup de projets, récemment avec Tricks.
Dès le début du projet, elle nous a accompagnés et ça nous a donné envie de faire du visuel. On essaye de pousser cet aspect là. Même sur scène avec Alice qui est aux lumières on essaye de faire une proposition interessante, satisfaisante et globale.
// Vous êtes un groupe international maintenant puisque vous avez joué en Espagne, au Portugal et en Chine. Comment se sont passées ces expériences ?
Sacha: C’était trop chouette.
On avait fait une tournée en Angleterre en 2024 assez spéciale. C’était la première fois qu’on se confrontait à un public qui ne parle pas notre langue et on s’est rendu compte qu’on faisait « leur musique » chez eux sans parler leur langue. C’était un peu étrange (Rires).
La Chine, c’était lunaire. On se retrouvait sur des scènes parfois immenses parfois dans des boites complètement barrées. A Shanghai la boite était sur 9 étages avec chaque étage pour un style de musique différent. C’était blindé, tout le monde a fait péter le champagne après le concert.
// Comment avez-vous trouvé le public à l’étranger ?
Sacha: Pour ce qui est de la Chine, Ils ont un autre rapport avec la musique et les artistes.
Nous ne sommes pas un groupe connu tu vois mais là bas les gens étaient trop content de venir nous voir, il y avait parfois la queue à la fin pour venir nous parler. On avait jamais vécu ça avant. Plus récemment en Espagne et au Portugal c’était chouette aussi, plus à taille humaine. J’adore l’expérience du moment. Socialement c’est hyper enrichissant de partir à l’étranger. C’est d’autres codes d’autres réflexes.
// En Chine avez vous été victime de censure, tu peux nous en dire un mot ?
Sacha: Ouais. C’était une date à Kunming. On a dû en amont envoyer toutes nos photos, nos morceaux, nos paroles. Les organisateurs du concert qui avaient l’air d’être dans un truc national, du style subventionné par l’état, ont lu nos paroles. Pour vulgariser le truc ils nous ont dit: « Il y a une chanson qui parle du capitalisme vous n’allez pas la jouer ».
C’était étonnant puisque le morceau en question « Buy and Sell » c’est une critique de ce système-là. Ils l’ont pris vraiment au premier degré.
// Est ce que d’aller jouer à l’étranger ça vous a stimulé pour la suite de Basic Partner ?
Sacha: On a sorti un nouveau single « Fadeless« . On a envie d’aller vers des choses qui ne sont pas forcément dans le coté mélancolique. Je pense à Fragile qui a sorti un disque récemment qui est mortel. J’aimerais aller dans ce style là. Un son qui permet de t’évader avec le coté dansant. Avec le morceau éponyme, on a touché du doigt ce délire. On ne veut pas faire un « New Décade 2 » mais allez chercher de nouvelles choses.
// L’origine du nom du groupe est une référence à Peugeot. Tu nous racontes ?
Sacha: (Rires) On était en répète et on galérait à trouver un nom. On voulait tous un nom qui puisse se dire facilement. Ok donc Basic c’est facile ça passe aussi en anglais.
Clément a maté sa voiture, ok un Peugeot Partner. On s’est dit que Basic Partner ça marchait bien en tout cas mieux que Basic Berlingo (Rires). On a bien kiffé le nom et on est parti sur ça.
// La suite pour vous ?
Sacha: un Ep probablement. C’est plus simple pour nous. Financièrement parlant aussi.
Je pense aussi que c’est difficile pour des gens de se poser 45 minutes sur une écoute.
Et donc ça veut dire qu’il y a des morceaux qui passent à la trappe et donc du travail pas forcément écouté. En 2025, la consommation de la musique est différente. L’idée c’est de capter l’attention des gens rapidement. Un format plus court c’est peut-être un peu plus simple sans pour autant se travestir dans des morceaux d’une minute etc etc. Au delà de tout ça c’est beaucoup moins engageant de sorti un EP ou des singles que de sortir un LP.
Le format court nous plait assez.
« New Decade »
1er album de Basic Partner
Toujours disponible


