INTERVIEW : Un vent de fraicheur signé Vera Daisies !!

Margaux Jaudinaud, anciennement co-lead du groupe, Ottis Coeur, vient de livrer un premier EP « Clever girl » sous le pseudo Vera Daisies avec une cover très reptilienne.

vera daisies

// Salut Margaux, comment sont tes ressentis après la récente sortie de l’EP ? 

Vera Daisies: En fait je suis un peu dans le flou. J’ai l’impression que c’est comme ça à chaque sortie. ,Le projet n’est plus à moi maintenant, c’est à tout le monde. Je suis assez soulagée parce que c’est des titres qui commencent à dater. Pour les plus anciens ils ont 8 ans.
Ça va me permettre d’avancer sur la suite. ,En tout cas j’ai de supers retours, je suis très contente.

 

// Tu disais que les morceaux sont de vieux titres, j’imagine que tu as une nouvelle manière de les interpréter, de les comprendre. Est ce que cet Ep résonne un peu comme des mémoires, comme un journal intime ? 

Vera Daisies: Carrément, j’aime bien dire que cet Ep est le témoignage de ces 10 dernières années.
Je suis arrivée à Paris il y a quasiment 10 ans pour faire de la musique. ,Je parle de pleins de vécus. J’ai un regard différent sur ces choses là mais je suis toujours émue de mon parcours.
Il y a eu des déceptions mais aussi de grandes joies. J’ai été loyale envers mes morceaux.
J’ai, en quelque sorte, tenu ma promesse de sortir mes morceaux.
C’est une fierté.

 

// Sans rentrer dans les détails qu’est ce qui a fait qu’Ottis Coeur s’est arrêté ? 

Vera Daisies: Mon Ep est un peu plus rock, pop rock. J’avais des envies différentes.
Avec Camille on n’était plus trop d’accord sur certaines choses. ,C’est la vie. ,A l’époque j’étais triste parce que c’était une collaboration qui a été très importante mais aujourd’hui je suis soulagée. ,Avec Ottis Coeur on a eu de supers moments on est allé au bout de ce qu’on pouvait faire. On a arrêté avant que ça explose.

 

// Est ce que le projet était dans ta tête depuis un petit bout de temps.
Est ce que ta séparation avec Ottis Coeur a été le déclic ? 

Vera Daisies: J’avais déjà des chansons écrites un peu pour moi.
Ottis Coeur c’était du français on était 2 il y avait toujours un compromis à faire.
A coté j’avais déjà des chansons écrites en anglais avec mes influences personnelles.
Un jour on m’a proposé la première partie de Tess Parks. J’ai monté un live rapide. Je me suis dit: « En fait j’aime trop faire ça, je vais faire ça en side project ». Ça a pris le pas sur Ottis Coeur.

 

// Qu’est ce qui a fait déclic avec ce concert en particulier ? 

Vera Daisies: La salle je pense. Je jouais à la Maroquinerie. C’est une salle que j’aime beaucoup j’ai vu énormément de concerts là-bas. C’est trop stylé tu arrives là-bas tu chantes tes chansons (Rires). J’ai eu de supers retours. Je me suis bien entendue avec Tess Parks et ses musiciens. ,Ils m’ont complimenté sur mes morceaux. Ça m’a motivé à me lancer dans le projet. Ce moment un peu magique m’a changé c’est sur.

 

// Tu touches à tout, tu fais de l’animation, réalises des clips. Tu as fait des covers de disques aussi on pense à Johnny Carwash.
Comment arrives-tu à allier toutes ces cordes de ton arc sans que l’une empiéte pas trop sur l’autre ? 

Vera Daisies: En fait c’est deux passions très fortes. J’ai pas envie de faire un choix.
J’aime tellement l’illustration et l’animation à certains moments. Parce que c’est assez solitaire et que je peux mettre en image des choses à laquelle je pense.
Et puis la musique il y a un coté plus fatigant avec les tournées etc etc et en même temps c’est hyper enrichissant.
Les deux métiers sont très compatibles. Il y a des périodes où je ne suis pas en tournée où je peux travailler de chez moi et inversement.

// Tu voulais te lancer dans ce métier au départ ?

Vera Daisies: J’ai fait 1 ans aux Gobelins en animation puis des études de graphisme.
J’aimais bien la vidéo et l’animation mais plus du coté graphisme comme le motion design.
Après j’ai fait un stage dans la pub et je me suis dit: « ah non, en fait pas du tout » (Rires).
Ça m’a un peu dégouté alors j’ai fait une grande pause et c’est grâce à Johnny Carwash que j’ai relancé un peu cet aspect de ma vie.

 

// Qu’est ce qui t’a dégouté dans la publicité ? 

Vera Daisies: (Rires) L’ambiance globale. Quand j’étais en stage je faisais un peu de graphisme et de mise en page. En fait les DA sont déjà fixées. T’es pas créatif du tout il n’y a pas de liberté, tu exécutes point.
Puis il y a pleins de lois, tu dois écrire des algorithmes. Bref pas très gratifiant et un peu lourd.

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// Il y a un coté « Journal de Samuel » d’Emilie Tronche dans ton design. 

Vera Daisies: Je suis très contente que tu soulignes ça parce c’est un peu arrivé après les premiers clips que j’ai fait. C’est pas pour dire qui est arrivé en premier.
C’est juste qu’après la série il y a eu un regain d’intérêt pour l’animation et surtout l’animation un peu naïve.
Samuel dans la série est très touchant, puis le trait est bouleversant.

 

// Coté son il y a de la pop bien sur mais aussi un bord hippie punk dans ta musique. Dans les années 90 il y a une série que j’adorais qui s’appelait Daria et ça m’a fait beaucoup penser à ta musique.
Quels mots tu mettrais sur ta musique ? 

Vera Daisies: Je dirais pop. C’est quand même assez pop dans les mélodies. Après un peu de Garage, un peu de Shoeagaze. J’aime beaucoup les Breeders aussi, toute cette scène année 90. J’attends de voir aussi ce que le public en dit.

 

// Pour créer ces morceaux qu’est ce qui t’a influencé tant au niveau sonore que visuel ? 

Vera Daisies: J’ai appris à enregistrer. Il y a un coté DIY dans la construction. Quand je suis arrivée au bout d’un point de vue technique j’ai fait appel à une artiste qui s’appelle Geagea qui était la bassiste et chanteuse des Dodoz. J’étais fan du groupe donc j’étais trop contente de travailler avec elle. On a préenregistré les batteries on a refait des prises. Les bidouilles sur les synthès ont été gardées mais certaines prises au propre. Le processus a été super long mais je suis trop contente du résultat.

 

// Sur scène vous êtes deux, toi et Amélie Le Roux qui est batteuse.
Comment penses tu faire évoluer le line up ? 

Vera Daisies: Je me pose des questions c’est sur mais la réalité du métier c’est qu’il n’y a pas d’argent. Surtout en France quand tu fais du rock, en anglais c’est compliqué. La formule solo était super cool pour faire des premières parties mais c’est moins fun. Là je suis en duo avec ma meilleure pote on s’amuse trop. Pour l’instant cette formule me va et nous correspond. On part en tournée à trois avec notre ingé son. On est trop bien. Quand il y aura du budget pour le rock on verra mais pour le moment on est bien comme ça.

 

// Au fait Vera Daisies c’est une petite dédicace à Vera de Scooby-Doo ? 

Vera Daisies: Exact ! (Rires) Je voulais trouver un nom et j’avais une petite obsession pour Scooby-Doo et je me suis dit allez go.

 

// Il y a des sentiments forts dans cet Ep comme l’amitié ou l’amour. Tu es comment dans la vie de tous les jours ? Plus fleur bleue ou plus en retenue pour ne pas prendre de claques ? 

Vera Daisies: Ohlala c’est difficile.
Comment dire j’ai été fleur bleue, là je suis un peu plus posée (Rires).
Pendant longtemps j’ai eu du mal à exprimer mes sentiments et mes émotions et c’est comme ça que je suis arrivée à la musique.
Dans mes chansons et dans la vie il y a une différence quand même.
Mes chansons c’est ce que j’aimerais pouvoir dire et faire mais c’est parfois compliqué.

 

// Ça te sert d’exutoire un petit peu ? 

Vera Daisies: Carrément, ça m’aide beaucoup.

 

// Dans le morceau « Can’t blame you » c’est plutôt bien de dire: « Je peux pas te blâmer j’ai aussi ma part de responsabilité dans la séparation ».

Vera Daisies: Oui clairement. Mais aujourd’hui je suis plus tout à fait d’accord avec ce que je dis là. J’essayais de comprendre. L’histoire de ce titre c’est un garçon qui m’avait ghosté, c’est terrible (Rires) c’est la pire chose. J’essayais de comprendre dans ma tête pourquoi c’est arrivé et je me suis dit peut être que la raison venait de moi. Aujourd’hui je la chante mais c’est plus de la colère qui sort de cette chanson. J’essaye de la chanter plus apaisée pour montrer que je suis passée à autre chose. Ça touche aussi beaucoup de gens.

// Le fait d’avoir écrit ces morceaux il y a un petit moment tu as envie de sortir un nouvel Ep ? 

Vera Daisies: La réponse est oui ! (Rires).
Mon Ep a 5 titres pour environ 15 minutes. Mais en live je joue 1 heure. Il y a pleins de morceaux qui sont arrivés plus tard. J’ai hâte de pouvoir me poser et d’enregistrer tout ça.
Cette année est passée très vite je suis aussi guitariste dans le projet Billie de Billie Chedid.
Son projet est super. Ça fait un an qu’on tourne ensemble.

 

// Rock en Seine c’était comment cet été ? 

Vera Daisies: C’était incroyable. Un des meilleurs concerts de ma vie je crois.
A ce moment je n’avais sorti qu’un seul titre. Personne ne connaissait mes morceaux.
Il y avait du monde je jouais juste avant Fontaines D.C. et en même temps que Kneecap.
Je m’étais dit que tout le monde allait voir Kneecap qui est le phénomène du moment et au final, c’était blindé.

 

// La tournée se prépare bien j’imagine. 

Vera Daisies: Oui je suis très contente, on prépare de belles dates pour cet été. Il va y avoir une tournée en Allemagne.
Et puis aussi je veux garder un peu de temps pour créer la suite.

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« Clever Girl »
1er EP de Vera Daisies
Toujours disponible

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