INTERVIEW VIOLENT SADIE MODE, le punk hardcore du bassin bordelais !

Quatuor bordelais signé chez Howlin Banana Records.
Le premier Ep « Incelcore » est sorti mi-novembre. Un brûlot punk hardcore sans concession.
On a rencontré Sadie Golding (Lead) et Hugo Barré (basse). 

VIOLENT SADIE MODE

// Le groupe vient d’une rencontre entre toi Sadie et Rémi le guitariste.
Tout ça par le biais de la bookeuse du groupe de Rémi à l’époque. Tu nous racontes ? 

Sadie: C’est une histoire un peu complexe (rires).
Le meilleur ami de mon frère habite à Bordeaux. Et quand je suis arrivée dans cette ville je ne connaissais personne donc j’suis restée chez lui.
Sa copine était la bookeuse du groupe « Bilbao Kung-Fu » dans lequel est Rémi, il y joue de la basse.
On s’est rencontré comme ça. 2 ans plus tard on a créé le groupe.

 

// Tu es franco britannique c’est bien ça ?

Sadie: Tout a fait. Mais j’ai grandi en Charente. Je suis arrivée en France à l’âge de 4 ans.

 

// Qu’est ce qui t’a attiré à Bordeaux ? 

Sadie: Les études.
J’ai fait une année à Tours en « Sciences de la vie » à la fac. J’ai toujours voulu faire de la psychologie en plus de la musique. J’suis venue à Bordeaux pour faire une licence de psychologie que j’ai terminé cette année. J’aimerais bien continuer pour enchainer sur un master.

 

// Est ce que tes études t’ont aidé dans ta musique ? 

Sadie: Hum, je pense que oui. Ça m’aide dans l’écriture, dans le contenu ; sur ce que j’écris, sur mes propres ressentis. Dans la chanson « Demonic paranoia » c’était après un cours sur les troubles du spectre schizophrénique, j’ai trouvé ça intéressant d’en parler.

VIOLENT SADIE MODE

// Tu es diagnostiquée TDAH. Comment t’impacte ce trouble dans ton processus créatif ?
A quel moment dans ta vie d’artiste ça te limite et a contrario ça te booste ?
 

Sadie: C’est une question intéressante.
Je n’ai pas les mêmes rapports dans ma vie quotidienne et dans ma musique.
Au quotidien ça m’impacte beaucoup, je suis sous traitement qui m’aide à continuer mes tâches ménagères tout ça. Pour la musique j’ai eu l’autre versant de m’y mettre à fond et de vraiment kiffer. J’ai moins cette pression académique. C’est un peu plus flexible, avoir mon propre emploi du temps…

 

// tu es la leadeuse du groupe, comment tu mènes cette troupe de 3 gars autour de toi ? 

Sadie: Tout le monde travaille au même niveau et ça c’est chouette. On communique bien entre nous et ça c’est cool.
J’ai pas toute la charge du groupe, ils sont là avec moi et font pleins de choses. 

Hugo: Elle est beaucoup axée sur la DA de par son statut de « lead ». Les paroles, les thématiques c’est beaucoup elle.
On est plutôt bien organisé, je pense. On arrive à se rejoindre dans le projet. On gère ça tous les 4.
Par contre pour le coté esthétique il y a beaucoup de Sadie.

 

// Il y a une affiliation évidente avec Amyl & The Sniffers ou encore Lambrini Girls.
Ce mouvement Riot girl vous parle ?
Sadie, est-ce que le fait d’être lead dans un groupe de punk comme le tien ça t’aide à ouvrir ta gueule ?

Sadie: Ahaha, tu veux déjà parler des influences Hugo ? 

Hugo: Alors oui effectivement, c’est deux influences qui sont évidentes. Rémi a emmené 95 % du matériel sur le premier EP, je parle en influences musicales.
Son père est fan du punk de manière générale des années 80, le coté nord américain.
Rémi m’a fait découvrir un jour les « No means no » sur l’énorme système son de son père.
Ça nous a fait exploser le cerveau.
On a tous des influences différentes notamment dans le hardcore, je viens du metal pour ma part. Sadie vient du rock garage et du psyché. On se recoupe pas mal sur des trucs modernes et en même temps le son des années 80 nous plait beaucoup.

Sadie: Pour ta seconde question, c’est un peu le pouvoir du punk. Dans d’autres styles, ça passe moins facilement. C’est plus admis dans le punk. Les gens sont là pour se défouler.
Il y a beaucoup de revendications et c’est assez politique. C’est vraiment le terrain pour.

Lambrini Girls

// Quand on écoute ce genre de musique sans se soucier des paroles on pense qu’il n’y que du « Fuck ».

Sadie: Je dis beaucoup Fuck pour dire Fuck (Rires).

 

// Et ça fait du bien faut se l’avouer. Mais tu soignes aussi l’écriture, tu aimes les auteurs.
Il y a une profondeur dans tes textes. 

Sadie: Merci ! 

Hugo: C’est complètement vrai et c’est là aussi où on raccroche les wagons.
Le punk au départ était une musique sans compromis. C’est vraiment un esprit que ce soit musicalement ou textuellement parlant. 

Sadie: J’aime beaucoup écrire, je fais ça depuis des années et c’est aussi chouette de pouvoir utiliser tout ça. Que ça ne reste pas que dans des cahiers.

 

// J’ai grandi dans les années 90. Dans votre musique on retrouve l’esthétique punk à roulettes qu’on pouvait entendre dans « Tony Hawk Skateboarding », des groupes comme « Bad Religion » ou « Millencolin ».
Vous validez tout ça ?
 

Hugo: Carrément. C’est des choses qui parlent beaucoup à Elmo. Il n’est pas avec nous mais s’il avait été là il aurait fait une masterclass dessus (Rires). L’esprit qu’on a est ancré dans les années 80 mais on admet aussi qu’on est beaucoup influencé par les années 90. J’ai toujours écouté du pop punk, c’est Green Day qui m’a fait entrer la dedans.
Rémi aime bien tout ce qui est grunge, un peu noise crado. En tout cas on se retrouve dans ce genre festif, punk à roulettes. Un son un peu crado énervé tout en étant fun.
S’ajoute à ça la voix et les textes de Sadie, la façon dont elle interprète, ça donne un aspect fédérateur.

// Cet EP a été enregistré, mixé et masterisé au studio Cryogène à Bègles proche de Bordeaux par Andrei Ivanov. Comment s’est faite la rencontre et comment vous vous êtes  retrouvés dans ce studio avec ce monsieur ? 

Sadie: Alors tout le monde à Bordeaux connait le studio.
Andrei connaissait un peu le studio, il vient de Russie. Il est parti de la bas au vu des conditions politiques du pays.
Il est ami avec des potes à nous. Il nous a contacté naturellement car il voulait avoir plus de vues et de clients sur bordeaux.
On a regardé son portfolio qu’on a trouvé incroyable. Puis on est devenus amis.
Il a beaucoup de talent.

 

// Un album est en préparation ? 

Hugo: Surprise ! (Rires)

Sadie: D’abord ce sera un second Ep qu’on a pas encore enregistré. 

Hugo: En février il y aura la release party de notre premier Ep.
Il a été écrit l’année dernière et enregistré il y a moins d’un an.
Plusieurs labels ont bossé avec nous et ont été hyper cool. Ça nous a permit de faire une sortie rapide et efficace.
Mais la release party officielle aura lieu en Février et une non officielle aura lieu au « Chinois » à Paris fin Janvier.
Le jour où l’EP est sorti on a partagé la scène à la Rock School Barbey avec Pogo Car Crash Control. Une très belle rencontre autant musicalement que humainement.

 

// Une dernière question sur la cover. On te voit en mode cannibale dans cette baignoire avec ce décor bleu turquoise. Ça contraste avec votre musique. D’ailleurs on souligne que tu manges une fraise et non pas de la viande. Il y a un coté « The substance », que voulais tu retranscrire la dedans ? 

Sadie: Merci parce que personne n’a capté que c’est de la fraise (Rires).
J’y ai pensé à « The substance » mais ce n’est pas la seule influence.
Je voulais quelque chose d’un peu différent des autres convers de punk qu’on voit en ce moment.
Un truc un peu « girly » avec de la couleur et en même temps un coté un peu gore et un peu plus sombre dans l’énergie. 

 

INCELCORE

« Incelcore »
1er Ep de Violent Sadie Mode
Toujours disponible 

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