James Blake – Lindisfarne (Unofficial clip)

James Blake

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur la bass music. Laissez tomber les séismes d’infrabasses calibrés pour les raves moites et les structures prévisibles. Ce mois-ci, un gamin de Londres de 22 ans vient de lâcher une bombe d’une délicatesse absolue sur son premier album éponyme. Son nom ? James Blake. Sa pièce maîtresse ? Le diptyque Lindisfarne I & II.

S’il y en a encore parmi vous qui s’attendent à du Drop agressif à la Skream ou Benga, vous allez prendre une sacrée douche froide. Blake prend le contre-pied total et c’est précisément pour ça que c’est brillant.

Le choc Vocoder : Quand l’organique défie la machine

Sur Lindisfarne I, James Blake avance à découvert. Pas de beat, pas de fioritures. Juste sa voix, passée au crible d’un vocoder ultra-sensible, qui s’entremêle en harmonies spectrales. On est à des années-lumière de l’utilisation pop et clinquante de l’Auto-Tune sauce RnB américain. Ici, la machine sert à saturer l’émotion, pas à masquer un manque de talent.

“Oh, Lindisfarne, split the heart of me.” Ces premiers vers tournent en boucle comme une incantation folk du XXIe siècle. C’est intime, presque dérangeant de proximité, comme si le producteur enregistrait directement depuis sa chambre à coucher (ce qui est d’ailleurs le cas).

La cassure rythmique de la Partie II

Là où le morceau passe du statut de « bel essai » à celui de chef-d’œuvre brut, c’est dans sa transition vers Lindisfarne II.

  • La rythmique : Un contre-temps acoustique et boisé, qui claque comme des briques de Lego ou des pas sur un parquet de danse.

  • L’espace : Blake maîtrise le silence comme personne. Chaque coup de caisse claire semble flotter dans un immense vide intersidéral.

  • La progression : Les couches vocales s’empilent jusqu’à créer un vertige émotionnel qui flirte avec le gospel synthétique.

Pourquoi cet album va diviser (et pourquoi on adore)

Soyons francs, cet album va faire rager les puristes du dancefloor. James Blake dynamite les frontières entre la soul, le dubstep et l’indie pop de chambre. Certains crieront à la prétention moderniste, d’autres au minimalisme paresseux.

La vérité, c’est que Blake vient d’inventer la Post-Dubstep. Il injecte une vulnérabilité masculine inédite dans un genre musical qui se complaisait parfois dans la démonstration de force technique. C’est l’anti-Guetta par excellence. C’est de l’art, du vrai, pur et sans concession.

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