Alors voilà. Jeremy Allen White, l’acteur au regard de chien battu et aux bras de docker lifté, troque les cuisines stressantes de The Bear pour les routes poussiéreuses du New Jersey. Il incarne Bruce Springsteen dans Deliver Me From Nowhere, un biopic pas comme les autres. Et spoiler : il le fait bien. Très bien. Genre, il gratte, il chante, il sue comme si Born to Run était une prière.
Jeremy Allen White est le Boss qu’on attendait.
Mais attends. Pas de stade, pas de Dancing in the Dark, pas de tralala. Le film de Scott Cooper (Crazy Heart) plonge dans Nebraska, l’album le plus dépouillé, le plus hanté du Boss. Une guitare, un magnéto quatre pistes, des fantômes sur la route. Loin des cuirs et des bandanas, ici c’est solitude et Amérique fatiguée. Et Jeremy Allen White s’enfonce dans ce rôle avec la grâce d’un mec qui connaît la panne d’inspiration, le silence et la douleur contenue.
Il chante lui-même. Oui, vraiment. Le mec ne se contente pas de jouer le rockeur — il en devient un. Born to Run version folk te caresse les tripes, et Bruce lui-même a dit que Jeremy chantait « damn well » et que « les fans s’y retrouveront ». Quand le Boss te valide, t’as plus besoin d’Oscar. Mais bon, ça tombe bien, le film sort en octobre, en pleine zone de chasse aux statuettes dorées.
Le reste du casting est tout aussi dingue : Jeremy Strong (oui, le Kendall de Succession) en Jon Landau, Stephen Graham en papa Springsteen alcoolo et taiseux, Paul Walter Hauser, Marc Maron, Odessa Young… Un casting indie chic avec des tronches, des vraies, pas des visages Botox+Netflix.
Le trailer, dispo depuis le 18 juin, donne déjà des frissons. Les critiques parlent d’un futur grand film musical. Pas un biopic à la Bohemian Rhapsody où tout est clean et plat. Non. Là, c’est rugueux, intime, comme un enregistrement lo-fi dans une cabane du Midwest.