Je t’écris ça la main tremblante, les yeux humides, le cœur battant plus fort qu’un kick de techno berlinoise. Parce que King Gizzard and the Lizard Wizard, mon groupe australien psyché-métallo-jazz-explorateur de l’infini sonore favori, vient d’annoncer un nouvel album orchestral. Et c’est pas juste un album. C’est Phantom Island. C’est du violon, du souffle, du souffle qui tremble, des arrangements à faire pâlir Morricone dans sa tombe
Phantom Island, l’album qui fait flotter mon âme au-dessus des kangourous
Bon. Reprenons.
Le groupe le plus productif de cette foutue planète (27 albums au compteur, sérieusement, 27) s’est dit que le rock ne suffisait plus. Que la microtonalité c’était sympa, les solos de flûte aussi, mais que là, il fallait taper dans l’orchestre, le vrai. Pas les cordes MIDI d’un ordi. Non. Des cuivres, des archets, une direction par Brett Kelly (pas celui de chez toi, l’autre, le maestro). Bref, King Gizz fait dans la musique de film imaginaire, et moi, je suis dans la salle, pop-corn en main
L’album s’ouvrira sur “Phantom Island”, morceau éponyme (que je te mets ci-dessous), comme un générique de fin qui te gifle en début de film. Ensuite ? Un voyage : Deadstick, Eternal Return, Grow Wings And Fly… rien que les noms me donnent envie de courir nu dans un opéra abandonné.
Et attention, ce n’est pas un petit délire annexe bricolé entre deux tournées. Non. Stu Mackenzie (le gourou au chant) a expliqué qu’il y avait mis « tout son cœur, toute sa sueur ». Ce disque, c’est pas juste une pause arty, c’est une île fantôme pour ceux qui n’ont jamais cessé d’explorer la musique comme une grande quête un peu folle.
Je suis joie. Joie intégrale. Joie psychédélique.
Parce que King Gizzard, c’est mon groupe. Celui qui peut sortir trois albums par an sans être chiant. Celui qui passe du garage au thrash en faisant un détour par la disco sans perdre le nord. Et là, avec Phantom Island, ils me prennent par surprise. Ils me montrent qu’après tout ce qu’ils ont fait, ils peuvent encore créer l’inattendu, l’inouï, et me filer des frissons jusqu’aux orteils.




On se retrouve à Boulogne !