Ghost funk orchestra, funk mystérieuse
Elle est aussi mystérieuse et psychédélique, portée par la voix de Laura Gwynn qui plane au-dessus du groove comme si elle savait un truc que nous on ignore. C’est un mélange, un cocktail dont tu n’arrives pas à sentir tous les ingrédients mais qui te réchauffe le cœur et te charme quand même. Ça te met de la crème au whisky dans les oreilles, littéralement. Le morceau est extrait de A Song for Paul, premier album du groupe, sorti chez Colemine Records (via son antenne Karma Chief) — encore eux, oui, toujours eux, ils ont le monopole du bon goût crade en ce moment. L’album est un hommage au grand-père de Seth Applebaum, Paul Anish, et ça s’entend : il y a de la mélancolie sous le groove, un titre qui s’appelle carrément « Kaddish », un poème récité par Laura Gwynn sur « Spirits in the Distance ». Mais il y a aussi de la fête, parce qu’on ne rend pas hommage à quelqu’un qu’on a aimé en restant sinistre deux plombes. Le résultat sonne comme la bande originale perdue d’un film de Tarantino qui n’existerait que dans ta tête, quelque part entre le funk sale et graisseux à la Isaac Hayes et une pointe de bossa nova qui traîne. Rien d’étonnant : Colemine, c’est le label qui pense que « le funk, ça doit être dégueulasse ou ça ne sert à rien ». Ici, c’est dégueulasse comme il faut : basses grasses, cuivres bien collants, guitares qui ont trempé trop longtemps dans l’huile de friture. A Song for Paul est disponible sur Bandcamp et sur toutes les plateformes de streaming intelligentes (les autres, on ne juge pas, mais on ne les cite pas non plus).
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