Le dictionnaire de la musique #6 Le club des 27 (qui n’existe pas)

le club des 27

Tu aimes la musique mais c’est comme pour le vin, tu utilises les termes sans forcément les comprendre. Pas de soucis, on va t’aider et même si tu connais déjà, on t’apprendra peut-être deux ou trois choses. Aujourd’hui, on s’attaque au club des 27.

C’est quoi le club des 27 ?

C’est des artistes talentueux et connus qui sont malheureusement décédés à l’age de 27 ans. Ca commence avec Robert Johnson et son pacte imaginaire avec le Diable. On enchaine avec le membre des Stones et ensuite le tiercé maudit de 1970 (Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison) puis le martyr grunge Kurt Cobain et bien sur Amy Winehouse. Pour justifier, donner du sens à tout ça, expliquer que la réalité n’est pas chiante et faire du marketing, on a inventé ce fameux club. Scientifiquement, une étude du British Medical Journal a prouvé qu’il n’y a pas de pic de mortalité spécifique à cet âge chez les musiciens. Le « Club » est donc une paréidolie narrative (mot intelligent tavu) : on plaque une explication surnaturelle sur une série de tragédies pour éviter de traiter le sujet de la santé mentale et de l’organisation de l’industrie musicale.

La Santé Mentale (Le grand absent)

C’est le tabou industriel même si c’est un sujet qui me tient à coeur. Ce qui se cache derrière les guitares fracassées, les sourires et les chambres d’hôtel retournées. Dans le dictionnaire du business, on remplace « dépression sévère » par « tempérament rebelle », « conduite à risques » par « grande fête » et « idées noires » par « inspiration sombre ». Ça coûte moins cher en assurance et ça génère plus de clics. Surtout ça évite de dire la vérité, ça évite de dire à l’artiste : arrête-toi, pose-toi, soigne-toi, on verra le reste plus tard. Parce que le plus tard, ce n’est pas la rentabilité. Et quand bien même, on ressort le citron ou l’artiste même quand il est sous terre. On sort des démos inaudibles, des lives éclatés et des documentaires voyeurs pour nourrir le mythe, tout en entretenant la légende du « Club » pour s’assurer que la prochaine génération d’écorchés vienne bien s’y inscrire.

On nous a vendu le « Club des 27 » comme une espèce de Panthéon maudit. C’est beau, c’est romantique, ça fait vendre des posters ou des Tshirts chez HM mais c’est de la flute.

Vol 1 : L’instru
Vol 2 : le sample
Vol 3 : Le backeur
Vol 4 : Le shoegaze
Vol 5 : la ghost track

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