L’asphalte, les abrutis et le grand saut : Pourquoi j’ai besoin de Snot
Il y a des matins où le café ne suffit pas. Tu prends le volant avec la gueule de bois ou juste la gueule des mauvais jours, et là, tu les croises. Les rois de la file de gauche. Les génies du dépassement par la droite entre un camion-citerne et une mamie en Twingo.
Tu les connais, ces types. Ils pilotent leur SUV allemand comme s’ils transportaient un cœur à transplanter, alors qu’ils sont juste pressés d’aller acheter du pain de mie ou d’arriver au bureau pour lécher les bottes du patron. Ils te doublent avec une queue de poisson qui manque de refaire ta carrosserie, le tout sans clignotant, parce que le clignotant, c’est pour les faibles, les gens qui ont une éducation.
Ces mecs-là ne conduisent pas, ils agressent la route. Ils pensent que les 15 centimètres qu’ils gagnent en te frôlant vont changer le cours de leur existence misérable.
Moi, dans ces moments-là, je ne klaxonne plus. Ça sert à rien, ils sont sourds à la décence. À la place, je monte le potard. Je cherche un truc qui hurle aussi fort que mon envie de les voir finir dans le fossé.
Et là, y’a pas mieux que Snot.
Le groupe de Lynn Strait (paix à son âme et à celle de son chien Dobbs) a pondu l’album parfait pour ces situations : Get Some. C’est pas de la musique de chambre, c’est du punk-funk-metal injecté à l’adrénaline pure. Quand le morceau « Snot » démarre, avec cette basse qui débraille et ce cri de ralliement, t’as l’impression que ta voiture se transforme en char d’assaut.
Écouter Snot pendant qu’un abruti te fait une queue de poisson, c’est une thérapie. C’est le son de la bave aux lèvres, du majeur levé et de la liberté sauvage. Ils peuvent bien doubler, ils peuvent bien courir vers leur propre médiocrité. Moi, j’ai le son, le volume, et la certitude que même dans le chaos, je préfère ma playlist à leur carrosserie luisante.
Monte le son, écrase la pédale (spirituellement, hein) et laisse les cons s’exciter.



