LIVE REPORT: Tame Impala à la LDLC ARENA, Lyon

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La résurrection du Christ avait lieue le 10 Avril à Lyon. Kevin Parker et sa bande revenaient en France pour la première fois depuis cinq ans, et la première fois hors festival depuis dix ans. AOW y était, et on vous explique.

DEADBEAT

Tame Impala venait présenter son cinquième album, fraichement sorti en fin d’année 2025, plutôt décrié mais contenant de vrais hits et de jolies propositions. C’est avec un gros catalogue que les australiens déposer ses valises à Décines-Charpieu, en périphérie lyonnaise, pour la cinquième date européenne du Deadbeat tour. Et c’est Apocalypse Dreams qui s’est fait retentir peu après 21h15, avec un public affamé, qui a déjà fait un crédit conso sur deux ans pour s’acheter un peu de merch. (On en fait partie, on est ensemble les copains). Même si c’était encore le début de la tournée européenne, le show est tout de même bien rodé. Alternant habilement entre les époques, passant de Borderline, à Loser ou encore Breathe Deeper. Il n’y a aucune longueur. Et pardonnez-nous… Mais bordel, c’est quoi ces éclairages? C’était Spielbergien. A mi chemin entre Rencontre du Troisième Type et E.T. De quoi en prendre plein la tronche, notamment avec ce cercle modulable lumineux qui surplombe la scène. C’est quand même autre chose que la scénographie de Bieber à Coachella…   Si on avait eu un slip, on se l’aurait probablement arraché sur Feels Like We Only Go Backwards, morceau iconique de Lonerism, avant d’enchainer gentiment sur l’entêtant et non moins agréable Dracula. Qui se trouve toujours dans le top 3 des productions livrées sur Deadbeat. On le dit sans gène, on le chante à tue tête depuis 2 semaines. Foutue trend TikTok. C’est à ce moment là que Parker a décidé de sortir de scène et d’aller se promener un peu. Meilleur moment pour aller pisser me direz-vous. En de dirigeant vers les toilettes on s’est donc retrouvés bloqué par deux énormes golgoths qui tenaient une énorme corde et qui maintenaient un périmètre. Jésus fait son retour tel un Moïse en mer rouge, pour se rendre sur une minuscule scène aux allures de tiny desk maison, positionnée en fin de fosse, avec quelques lampes aux vieux abats jours anormalement dépourvue de poussière et de jolis coussins tout aussi datés.

STAGE 2

Le gourou de la soirée a donc bu une gorgée de blonde en canette avant de nous gratifier d’une sorte de micro dj set de trois morceaux comprenant No Reply, Ethereal Connection (qui est toujours une pépite, que ce soit en live ou en studio), et Not My World. Trois titres aux accents dance de Deadbeat qui ont permis à une salle sold out de dandiner allègrement son postérieur, accompagnée d’une petite bière. D’ailleurs, on a toujours envie d’aller pisser nous. De retour sur la main stage accompagné de ses cinq comparses, l’australien a commencé à faire résonner les premiers accords de Let It Happen. A peine le temps de sortir la ventoline, nous voilà tous asphyxiés dans un vortex accompagné d’une voix angélique. Le pinacle d’une soirée mémorable. 16000 âmes se sont retrouvées à flotter en même temps, à l’unisson. C’était beau. Vous étiez tous beaux. Dur de redescendre après ce shot d’insuline. C’est avec les pupilles dilatées que le band a continué avec Nangs. Le temps de nous laisser émerger un tout petit peu. Court mais efficace. C’est aussi ce qu’aurait pu écrire votre ex après une soirée un peu trop arrosée. Parker et sa troupe a donc maintenu son public dans la paume de la main avec Love/Paranoia, toujours sur le divinissme Currents (putain, c’est loin 2015). List Of people (To Try And Forget About) a donc tout naturellement trouvé sa place dans ce set malgré sa présence dans le curieux et tout aussi précieux Currents B-Sides and Remixes EP. S’en suit Expectation, Piece Of Heaven, Eventually, le toujours aussi tripant New Person, Same Old Mistakes. Fin de set? Nan ça pue le rappel cet affaire. On a flairé juste. (Oui bon les lumières étaient encore éteintes). Après quelques « Kevin, Kevin, Kevin » de motivation, l’intégralité du groupe fait son retour sur scène pour livrer My Old Ways, qui paraissait pourtant si brouillon en guise d’ouverture sur le dernier album. Moment parfait pour s’abandonner sur The Less I Know The Better à la ligne de basse légendaire. (Plus de 2 milliard d’écoutes sur Spotify. Pardon?) Moment qui rappelle à tout le monde pourquoi Currents. est une œuvre majeure des années 2010. End Of Summer pour une fin de soirée tout sauf normale. Mélangeant danses, cris, douceurs, un tout petit peu d’alcool, et beaucoup d’amour.

Une ombre au tableau ?

On peut toutefois regretter un show millimétré, laissant peu de place à l’improvisation, malgré les quelques mots en français impeccable sortis par le frontman, et surtout l’absence de certains hits. Comment ça pas de Neverender ? Oui, le morceau est aussi signé Justice, mais tout de même… Pas de Lost In Yesterday? De ‘Cause I’m A Man? Simplement deux petits morceaux de The Slow Rush également, et un Deadbeat peut être un peu trop présent? Cette soirée aura tout de même comblé le nouveau public comme les OG, du moins, on l’espère. Petite tendre pensée envieuse aux chanceuses et aux chanceux qui pourront s’offrir une session de rattrapage à Paris à l’Accor Arena le 3 Mai prochain. Credits photo: Romain Harel

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