Un nouveau saib. c’est toujours un peu de joie dans notre cœur.
Dreamland, paru le 23 décembre 2016, occupe une place particulière dans la discographie de Saib. À cette période, le beatmaker casablancais explore une facette plus douce et cotonneuse de son style, loin du groove plus affirmé et jazzhop qui caractérisera des projets comme Buena Vista ou, plus tard, Bebop. L’album compte sept titres, parmi lesquels Porco Rosso — nouveau clin d’œil à l’animation japonaise, cette fois au classique de Hayao Miyazaki — ainsi que Between dreams, souvent cité comme le morceau le plus emblématique du projet, Snow et Fantasy.
L’ambiance générale de Dreamland est délibérément onirique et feutrée : des beats plus légers, presque berceurs, construits autour de textures vaporeuses et d’une production minimaliste qui évoque littéralement l’état de rêve suggéré par le titre. Certains auditeurs ont d’ailleurs décrit l’album comme une bande-son idéale pour s’endormir, saluant son atmosphère cohérente et son caractère un peu fantasque, où chaque morceau conserve malgré tout une identité propre. D’autres, plus critiques, ont jugé le disque en retrait par rapport aux productions plus marquantes de Saib, lui reprochant un ton parfois trop uniforme et moins mémorable que ses beats jazzhop les plus reconnus.
Sur le plan de la trajectoire artistique, Dreamland s’inscrit dans une phase d’exploration : la même année, il est suivi de l’EP Soar, confirmant cette période comme un moment plus introspectif et atmosphérique dans le parcours du producteur. Cette parenthèse plus douce précède d’ailleurs un tournant plus affirmé l’année suivante, avec la sortie de Bebop, son hommage à Cowboy Bebop, qui renoue avec des rythmiques plus marquées et un swing plus hip-hop.
Malgré un accueil critique en demi-teinte, Dreamland reste révélateur de la polyvalence de Saib et de sa capacité à naviguer entre plusieurs ambiances, du chill le plus feutré au groove le plus affirmé, sans jamais perdre cette nostalgie mélodique qui traverse toute son œuvre.



