Skinner reprend « Eisbär » de Grauzone et t’embarque dans une tempête post-punk glaciale

Skinner, le trublion irlandais qu’on avait déjà bien kiffé sur son album New Wave Vaudeville sorti plus tôt cette année, revient avec une reprise bien vénère du tube synthwave « Eisbär » du groupe suisse Grauzone (pas Ozone hein, l’autre). Spoiler : il ne garde que le froid polaire, le reste part en vrille rock.

Quand un ours polaire te gueule dessus à coups de fuzz

Fini les nappes de synthés minimalistes et les basses bien carrées. Skinner balance tout ça par la fenêtre et injecte dans Eisbär un shot de guitares stridentes, de batterie cataclysmique et de textures rugueuses. C’est sale, c’est brut, c’est beau. Comme un ours polaire sous acide dans un squat berlinois.

Il ne fait pas juste une reprise pour faire joli. Il transforme le morceau en une tempête émotionnelle, plus proche de Suicide que de Kraftwerk, mais avec ce spleen bien intact. La solitude y hurle plus qu’elle ne chuchote.

“Ich will ein Eisbär sein…” et ne plus jamais pleurer

« J’ai toujours adoré ce morceau », raconte Skinner. « Les paroles, une fois traduites, sont d’une tristesse absolue. Vouloir devenir un ours polaire pour ne plus ressentir, pour que tout aille mieux… je pense que ça parle à beaucoup de gens. »

Ce n’est pas juste une histoire de reprise obscure : Skinner la joue aussi sur scène, et interroge les Allemands dans le public à chaque fois. Résultat : des sourires, des souvenirs d’enfance, et un paquet de gens qui hallucinent de voir un Irlandais chanter en allemand avec un bon accent.

Une reprise qui n’a pas froid aux yeux (ou au cœur)

En transformant ce classique des années 80 en machine post-punk déglinguée et émotive, Skinner prouve qu’il n’est pas là pour empiler les références, mais pour tordre les chansons jusqu’à ce qu’elles hurlent quelque chose de nouveau. Et dans le cas d’Eisbär, ce cri de solitude glacée résonne fort. Très fort.

1 Comment

  • Fpamm
    Fpamm

    Grauzone fondé par Stephan Eisher, qui a déjà repris Eisbar pendant ses concerts.

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